Wallons … enfants de la patrie ! Déc17

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Wallons … enfants de la patrie !

Une histoire belge. (de wallons en particulier!)

Empanaché d’indépendance et de franchise
Vous auriez pu faire  vôtre, ces vers de Rostand.
Et comme un étendard brandir cette devise.
Auréolé de gloire vous préférez l’argent.
Cyrano, bien sûr, n’était qu’une composition!
Derrière le comédien, il n’y avait qu’un marchand,
Qui transforma bien vite, le drapeau en fanion,
Dès lors qu’on menaçait son magot pour deux ans.
La culture française ne vous a rien apprit?
Vous serviez les plus grands, de Blier à Pialat,
Aux côtés des meilleurs, Dewaere ou Adjani.
Fallait-il de si haut que vous tombiez si bas.

Nous étions habitués à vos débordements.
Même si saint Augustin brillait à vos yeux,
Épicurien vous fûtes  et avec du talent,
Vous amassiez les titres, sans vous prendre au sérieux.

Pourquoi vous reprocher, ce que tant d’autres font?
S’exiler loin d’ici, quitter sa terre natale,
Abandonner les siens, et vendre sa maison,
Pour préserver son bien, pour des raisons fiscales.
Quel esprit chagrin pourrait bien invoquer,
Que les sommes gagnées le furent grâce au public.
Ce public français qui vous a tant donné,
Et qui porta aux nues,  cette carrière artistique,
Vous faisant remarquable et vous ouvrant la voie
Aux rôles les plus beaux, aux héros magnifiques.
Au-delà des frontières, pour vous le plein-emploi,
La gloire, le prestige et leur allié, le fric.

A l’instar de Colomb vous découvrez le monde
Pas seulement le nouveau, mais celui d’un système.
L’argent va à l’argent et vous en profitez.
Vous n’êtes pas unique, même pas un phénomène.
Vos joujoux sont de pierres, également viticoles.
Rue du cherche-midi, mais aussi en Toscane.
Ce n’est ni un braquage, encore moins du vol.
Vous payez des impôts, vous le dites, « une manne ».

Alors pourquoi cette fuite et pourquoi ce haro.
Les riches sont coupables? Le syndrome gaulois?
La gauche est revenue avec ses idéaux.
Ne cherchez pas plus loin. Vous n’avez plus le choix.
Il faut vous exiler et quitter l’hexagone.
Emmener en toute hâte, veau,  vache cochon, couvée
Partir loin de là, à Madrid, Londres ou Lisbonne.
Loin de cette abstraction, la solidarité!

Vous n’êtes ni un Bill Gates, ni un Warren Buffett,
C’est bien américain de prétendre à tout prix,
Ne pas garder pour soi toute la grosse galette.
Mais en rendre un peu, quand la fortune vous sourit.
N’assumant ni votre image, ni votre statut,
Vous étiez Obélix, aussi bien que la vigne,
Et vous vous offusquez qu’on se sente cocu.
« Minable » n’est pas le mot, je lui préfère indigne.

Pourtant vous n’êtes pas complètement coupable
C’est bien ce gouvernement, que vous fustigez,
Atteint depuis l’été, d’une couardise pendable
Qui instaure les lois et les mesures à moitié.
Vouloir faire payer davantage les riches
Par ces temps difficiles, où la rigueur guette.
Augmenter leurs impôts, supprimer quelques niches,
Corriger les erreurs, voilà une noble quête.
Le président, dont il y a quelques mois encore
Vous avez glorifié le courage, la vertu,
N’avait-il en son temps, dit que vous aviez tort.
Pas l’homme d’hier, celui que vous êtes devenu

« Tout exilé fiscal, parti à l’étranger,
Dans le seul but d’échapper à l’impôt français,
À notre administration devra déclarer,
Dans son nouveau pays, les sommes acquittées.
Si c’est inférieur à ce qu’il aurait payé
Sur les revenus de son capital en France,
Croyant s’exonéré de la fiscalité,
J’affirme qu’on lui fera payer la différence. »

Était-ce sa ferveur pour les américains,
Ou un regain de justice, propre à la campagne,
On n’ le saura jamais, on sait ce qu’il advint.
Et pour l’élu de juin, c’était entre ses mains
Il semble que vous fassiez l’unanimité
Dans un pays si divisé, c’est une prouesse.

Ces vers sont maladroits, veuillez me pardonner.
Je ne suis, ni artiste, ni riche, ni exilé.

Je vous conseille l’excellent article du parisien rattaché au dessin d’introduction
http://you.leparisien.fr/actu/2012/12/16/l-exil-fiscal-de-gerard-depardieu-17819.html