Vous en AREVA, Sarkozy l’a fait Fév08

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Vous en AREVA, Sarkozy l’a fait

Il ne fait un secret pour personne que Nicolas Sarkozy est fasciné par l’argent, les affaires. Il rêve de faire fortune comme ses amis. Lorsque Sarkozy décore Stéphane Richard (Ex Directeur de cabinet de Christine Lagarde) de la Légion d’Honneur, il a cette phrase: « tu es riche, tu as une belle maison […]. Tu as fait fortune. Peut-être plus tard y parviendrais-je moi-même. » Préparerait-il son avenir ?

Est il utile de rappeler l’amitié qui lie Nicolas Sarkozy et Martin Bouygues. Hors ce dernier n’a jamais caché son intérêt pour le nucléaire civil français. En Octobre 2007 Le groupe de BTP et de télécoms monte à 30% du capital d’Alstom. Un moyen de lorgner sur Areva. Mais pour y parvenir,  Il doit redonner du souffle à TF1 qui voit ces recettes publicitaires en perte de vitesse avec l’arrivée de la TNT. Et c’est là que l’histoire est amusante.

Au départ le chef de l’état souhaitait une suppression totale des recettes publicitaires de la télévision publique. Fraichement nommé à sa tête par le président, Rémy Pflimin trouve deux dossiers sur son bureau. Une bonne et une mauvaise nouvelle.

La bonne : Les excédents de recettes publicitaires pourraient dépasser les 80 millions d’ici la fin de l’année 2010. Voilà pour la bonne.
La mauvaise : Les deux taxes sur le chiffre d’affaires des chaînes de télévision et des opérateurs télécoms censées combler le manque à gagner de la suppression de la publicité sur France Télévisions- ne remplissent pas efficacement leur rôle.

Une question, donc: qui va payer?

Les taxes prévues par le gouvernement n’ont en effet rapporté que 215 millions d’euros en 2009, loin des 450 millions attendus. La régie publicitaire de France Télévisions avait rapporté 110 millions d’euros de surplus, (l’Etat en avait repris 30). On connait la suite. Emmenés par Jean-François Copé, certains élus de la majorité estiment que supprimer la totalité de la publicité reviendrait à se tirer une balle dans le pied en ces temps de crise, et qu’il vaudrait donc mieux la laisser avant 20 heures. Du mois jusqu’en janvier 2014
Mais cela ne va pas faire l’affaire de M. Bouygues. Cette dispositions visait à : soit à augmenter le chiffre d’affaire de la chaine, soit à la valoriser en cas de revente (ou les deux !)
Mais il y avait aussi  la présidente d’AREVA. Mme Lauvergeon qui avait refusé en son temps la mainmise d’un groupe privé sur le nucléaire français. D’où des rapports tendus avec le président de la République.
En 2009, en réponse, Nicolas Sarkozy provoquera l’éclatement de l’alliance Areva-Siemens.  Alliance qui aurait permis une recapitalisation du groupe et une alliance solide avec un concurrent.  Mais l’état préfère démanteler. Pour cela l’état va vendre la branche transmission et distribution d’AREVA (T&D) en faveur du tandem Alstom-Schneider.

 Moody’s s’en mêle

Ce choix n’a pas vraiment porté chance aux deux groupes français en termes d’image. L’agence Moody’s a en effet décidé de dégrader les perspectives de notation financière des deux entreprises. Moody’s estime en effet qu’en ces temps de crise, les deux groupes, qui n’envisagent pas pour le moment d’augmentation de capital pour l’acquisition d’Areva T et D, risquent de voir leur marge de manœuvre considérablement réduite. L’agence estime notamment que le rachat de cette filiale risque de rendre Alstom « vulnérable ». L’agence Fitch s’est également inquiétée d’une telle acquisition pour Schneider Electric qui en déboursant près d’un milliard et demi d’euros va voir considérablement augmenter sa dette.

Tout semble donc se mettre en Place pour que l’état se désengage dans ce domaine et permette la création d’un géant du nucléaire civil privé. De là à penser que M. Sarkozy souhaite y jouer un rôle majeur, il n’y a qu’un chemin  que quelques similitudes éclairent un peu.
Notre président semble admirer davantage les parcours que les idées. Il n’a pas manqué de rendre hommage aux décisions drastiques qu’avait pris le chancelier Schröder pour redresser l’Allemagne après la réunification. On sait où cela à mener, surtout avec la poursuite en avant de cette politique par le parti de Mme Merckel. Un des pays industrialisés de la zone euro qui compte le plus de pauvres et de précaires, une politique salariale qui tire le pouvoir d’achat vers le bas.
Enfin pas pour tout le monde puisque M. Gerhard Schröder, juste avant de quitter le pouvoir en 2005, a accepté que son gouvernement se porte garant d’un prêt proposé par deux banques à Gazprom, la société gazière russe. Et annoncé sa nomination à la présidence du conseil de surveillance, rétribuées 250 000 euros par an, du consortium germano-russe mis en place pour la construction d’un gazoduc entre l’Allemagne et la Russie. A ce sujet Mme Merckel, fera dire par l’un des porte-parole du gouvernement qu’elle n’était pas insensible à l’idée d’une réflexion sur un code de conduite pour les anciens dirigeants.
Bien-sûr le modèle allemand nous est présenté et surreprésenté comme l’exemple à suivre. Peut-être serait-il bon que nos concitoyens qui ont eu la surprise d’apprendre que Mme Merckel soutenait la « possible » candidature de « futur-ex-possible président » sache que dans son pays la chancelière ne bénéficie pas de l’aura qu’on lui prête ici. Pourtant, lors des élections régionales du 26 mars 2006, le Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) avait remporté la majorité absolue en récoltant près de 800 000 voix et 53 députés sur 101 ; Et à celles du 27 septembre 2009, le SPD s’est totalement effondré en obtenant à peine 23,8% des suffrages aux élections fédérales. Et qu’enfin  elle a perdu en Mai 2010 la majorité à la chambre haute du parlement fédéral (Bundesrat).
Le Président de la République est le premier « VRP » du nucléaire civil dans le monde.
Pas un seul déplacement à l’étranger qui ne soit l’occasion de placer les compétences de la France dans le nucléaire civil. Quel que soit le régime, le Président de la République n’oublie jamais cette partie du savoir-faire français, fut-ce le seul contrat commercial signé. Entre les cadeaux faits à ses futurs partenaires et les manœuvres à peine voilées de sa reconversion qu’elle qu’en soit la date.
Je ne peux m’empêcher de faire un autre parallèle. Nos amis américains nous ont, à juste titre, renvoyer la balle, à propos de l’élection de M. Bush que nous n’avions pas manqué de railler.  Notre choix de 2007 leur a donné bien des occasions de se rattraper depuis. 

Car si l’industrie du pétrole a  porté G. Bush au pouvoir, Le nucléaire sera peut-être la motivation cachée de Nicolas Sarkozy.

Mais ça c’est une autre histoire…