Tirez la chaine en sortant ! Jan08

Tags

Related Posts

Share This

Tirez la chaine en sortant !

Si en ce début d’année, nous nous mettions à rêver un peu. Puisque la roulotte des romanichels va bientôt fouler la pelouse du château… Ne serait-il pas permis de croire que pour ce qui est de l’audiovisuel de l’originalité, la création de qualité, de celle qui s’adresse avant tout à notre esprit, plutôt qu’à notre portefeuille, un autre « Rom » n’ait pas envie de fouler les plates-bandes de TF1 et consœurs, et de tirer la chaine en sortant.

Après tout la téléphonie mobile n’a pas encore atteint la pénétration de notre chère télévision. Pas encore… ! Dans la plupart des foyers, le téléviseur a un statut exceptionnel.
Il trône, à la meilleure place, dans la pièce principale. L’agencement de la salle de séjour se fait en fonction du poste et non pour former un cercle convivial.
Nous pouvons regretter cette omniprésence, mais il y a des domaines dans lesquels, nous ne pouvons que louer les efforts de l’ensemble des médias qu’ils soient télévisuel ou radiophonique. L’écologie, le respect des contraintes du CSA et l’amitié.

Nous le constatons tous les jours de l’année et davantage à certaines périodes qu’en matière de recyclage, elle nous montre l’exemple. Que ce soit dans la réutilisation encore et encore d’émissions diffusées et rediffusées. Elles ont réussi le tour de force de pousser la recyclage de programme au rang d’art. Et lorsqu’on ne peut décemment plus rediffuser, du moins avant un certain temps, qu’à cela ne tienne, on fait une émission sur l’émission. Les meilleurs moments de…, les enfants de…, les anges de…, les bêtisiers. Même la façon de diffuser les séries  finit par lasser les aficionados. Un épisode inédit en début de soirée et deux voire trois rediffusions. Et quant à faire, dans le désordre. En 2004, Patrick Le Lay, le PDG de TF1, a déclaré vendre « du temps de cerveau humain disponible » à Coca-Cola. Il aurait été normal que cette révélation réveille le spectateur devenu à son insu un prospect voir un client.

Pour le respect de leur cahier des charges, nous ne nous plaindrons pas du retour, surtout sur les chaines de la TNT, des productions françaises. Quota oblige.  Encore une fois il s’agit de rediffusion (quand c’est 376ème fois on parle encore de rediffusion ?). Et nous passerons sur le fait que pour la plupart, il s’agit d’émissions orientées jeunesse, qui passent en boucle vers 3h du matin, entrecoupées de publicité pour des contacts réservés aux adultes.

Et enfin l’amitié, oui j’appelle ça pudiquement de l’amitié, même si ça ressemble davantage a du copinage. Et tant pis pour tous ces intermittents du spectacle au chômage.
L’inénarrable Michel  Drucker, ne se contente plus de la télévision. Dans le domaine des talk-shows à la française, il nous resserre ses émissions de télévision à la radio. Le ton ampoulé des années 80 a disparu comme la cravate, histoire de montrer qu’on sait rester jeune. En plus il fait des émules. Stéphane Bern nous refait tous les jours, sur les antennes comme sur les ondes un remake de Frou-Frou. Non content de squatter la plus part des théâtres parisiens, Laurent Ruquier nous abreuve depuis 2006 d’un ersatz des émissions que faisait T. Ardisson. Le copinage est aussi un art consommé chez M. Ruquier, que ce soit dans ses pièces de théâtre, à la télévision, ou à la radio.

J’ai gardé le meilleur pour la fin.

Ce cher Morandini. Un petit rappel de son passage à la télévision :

  • De 1993 à 1997, il anime l’émission Tout est possible sur TF1. Il essuie des critiques véhémentes (en particulier de la part de Libération et de l’émission satirique Les Guignols de l’info), son émission, aux procédés jugés « racoleurs » et « voyeurs » et dont la « veulerie » intellectuelle est dénoncée, devenant un symbole de la télé poubelle. TF1 met un terme à l’émission en déclarant que ses programmes sont « en quête de sens ». Ils auront raison de ne pas spécifier quelle définition ils allaient donner à ce mot

  • De 1998 à 2003, échaudé (mais pas dégouté) par son expérience télévisuelle, il reviendra à ses premiers amours et officiera sur différentes radios.

Pendant cette période l’animateur va écrire.

  • Le bal des faux culs. « Le « bal des faux-culs », ce sont ces sourires de façade, ces « arrangements » entre amis, ces trahisons sans pitié. Un monde de l’audio-visuel où le paraître prime. »

  • L’enfer du décor : «  Jean-Marc Morandini persiste et signe. Le journaliste le plus craint du monde de la télé lance un nouvel assaut qui devrait faire sensation. Jean-Marc Morandini s’attaque en effet à un sujet tabou : l’argent de la télé. »

  • Télé-vérité, Parents, vos enfants sont en danger ! : Nos enfants passent plus de deux heures chaque jour à regarder la télé. Mais savent-ils analyser et comprendre ce qu’ils voient?

  • Télé : l’implosion : Chronique d’un désastre annoncé : anticipation-politico-journalistique- financière

Après ses déboires et l’apparente vaccination que révèlent ses livres, il m’avait semblé que son retour sur Europe 1, dans une émission consacrée aux médias, allait nous révéler un nouveau Morandini. Le ton même  m’avait  presque convaincu. Mais il faut croire l’adage qui veut qu’on chasse le naturel il revient au galop. Changement de cible au fil des jours, plus consensuel, moins mordant, beaucoup plus accommodant pour le PAF. La conclusion logique arriva. Une présence sur quatre supports (télévision, radio, presse écrite et internet) Qui de plus lui permet d’utiliser et de recycler plusieurs fois une même information.« Morandini relaie une rumeur sur son blog, la dément sur Europe 1 puis résume toute la polémique sur Direct 8. À lui seul, il fait l’actu. » Télérama http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marc_Morandini

M.J. Mondzain (philosophe et écrivain) résume parfaitement cette idée : « L’exercice de la liberté ne naît pas d’une accumulation. Ce n’est pas : plus je vois des choses, plus je comprends, mais toujours : plus je pense, mieux je comprends.« 

Mais ça c’est une autre histoire…