SNCF ! Encore une mauvaise note Jan17

Tags

Related Posts

Share This

SNCF ! Encore une mauvaise note

S.avoir N.ier C.’est F.rançais (SNCF)

Décidément il n’y a pas qu’en matière économique que notre pays semble mériter une mauvaise note. Devrait-il repasser ses examens ? Car en matière de devoir de mémoire, nos députés n’hésitent pas à donner des leçons, mais semblent ne pas être prêt à en recevoir. Je ne traiterai pas ici de l’Algérie, d’autres le feraient surement mieux que moi.  Je veux évoquer un sujet tout aussi lourd et assez symptomatique de mon pays. Et je revendique ce pronom possessif.  Né en France, de parents Français, et de grands parents déportés, je n’ai jamais cessé de m’enorgueillir de notre histoire et de notre culture. Mes maîtres à penser s’appellent Hugo, voltaire, Beaumarchais, Zola et tant d’autres. Et c’est pour honorer leur histoire que je me refuse à fermer les yeux sur les pages les plus sombres de la nôtre.

Justement parlons d’histoire:

  • En 1998 après la condamnation de l’ancien ministre Maurice Papon, les frères Lipietz, décident d’attaquer l’État et la SNCF pour complicité de crime contre l’humanité envers la moitié des 76 000 juifs déportés de France.
  • En mai 2006 le procès, arrive en audience. L’état Français et la SNCF sont condamnés en première instance le 6 juin 2006. « Le tribunal a reconnu que l’État et la SNCF ont fait plus que ce que leur demandaient les Allemands ». Le tribunal ne s’est pas prononcé sur la complicité de crime contre l’humanité
  • La SNCF a fait appel de cette décision. La position de l’entreprise, exprimée par son président, Louis Gallois, dans la presse est que la SNCF a agi sous la contrainte car elle été réquisitionnée et mise à la disposition des nazis aux termes de la convention d’armistice.

 Jusque-là je serai tenté de croire cette version, eu égard aux hauts faits de la résistance française, et les images d’Épinal de résistants faisant sauter des trains. Mais si la réquisition des trains était le fait de l’occupant, je ne suis pas persuadé que les factures présentées par la SNCF pour ce « service imposé » aient été instamment réclamé par les nazis. Il faut savoir, en effet que la SNCF recevait un paiement par Juif déporté calculé comme pour un train normal, selon le tarif habituel d’une personne assise, et en fonction du nombre de kilomètres parcourus. Je ne peux pas oublier, et pour cause, que la police française avait devancé le souhait des autorités allemandes en mai 1940 lors de la trop célèbre rafle du vel d’hiv, en arrêtant femmes et enfants alors même que les ordres ne concernait que les hommes.
Alors quand je lis dans les attendus que non contente d’accomplir son horrible besogne, la SNCF avait devancé les critiques allemandes éventuelles, en fournissant aux bourreaux « la meilleure qualité de wagons à bestiaux », assurant ainsi l’impossibilité de s’évader pour les prisonniers en route pour les camps de concentration, j’ai mal à la mémoire de mon pays.
L’état français ne daignant pas donner suite aux plaintes des déportés de son pays, c’est une cour de justice de Brooklyn, aux Etats Unis, que s’ouvre à présent un procès pour juger de la plainte de plusieurs personnes, et estimer la responsabilité de la SCNF dans la déportation de milliers de Juifs français. Des centaines de plaignants de tous les pays se sont assemblés dans cette plainte contre la SNCF, depuis Israël jusqu’aux Etats Unis.

La compagnie des chemins de Fer Français est accusée de la déportation de 72 000 Juifs et de milliers d’autres « indésirables » du régime nazi, vers le camp d’Auschwitz comme vers d’autres camps de concentration. Le juge David Trager, à la cour fédérale de Brooklyn, doit prononcer un jugement dans des circonstances pénales inattendues, puisque c’est la partie de l’accusé, la SNCF, qui a demandé à ce que soit révoquée la plainte. Les avocats de la SNCF (entre autre Arno Klarsfeld, comme quoi !)  prétendent en effet que la compagnie jouit d’une « immunité souveraine », due à son statut d’entreprise nationale selon une loi de 1977.
Les 300 plaignants sont déboutés de leur requête par le juge, qui  estime que la SNCF, bénéficiait de l’immunité réservée aux États étrangers.
En juin 2003, une cour d’appel de New York, a cassé ce jugement, ouvrant ainsi la voie à un possible procès. Toujours pour les mêmes raisons, des élus de l’État de Californie, suivi d’élus de l’État de Floride, demandent la mise à l’écart de la SNCF des appels d’offre pour leur équipement en ligne à grande vitesse, élargissant dans le temps et l’espace la sanction morale contre la complicité de génocide.
En mars 2011 des élus du congrès américains avaient déposés un projet de loi pour autoriser des poursuites contre la SNCF pour son rôle dans le transport des juifs vers les camps de la mort pendant la seconde guerre mondiale.
Le 19 Mai 2011 le gouverneur du maryland a signé une loi obligeant les compagnies ferroviaires qui souhaitent obtenir des contrats avec son état à révéler leur rôle dans la déportation des juifs. Cette loi vise particulièrement la compagnie Française qui s’est montrée vivement intéressée par le projet d’amélioration du réseau des lignes à grande vitesse aux USA.
Rappelons qu’en novembre 2010, Le Président de la SNCF, Guillaume Pepy s’est rendu en personne aux États-Unis pour exprimer des regrets au nom de l’entreprise française.
Au-delà de cette édifiante histoire, je ne peux m’empêcher de penser à ces centaines de milliers d’usagers qui se plaignent tous les jours du traitement que la SNCF leur fait subir à longueur d’année. Et plus précisément aux regrets que leur sert la direction après chaque incident.

J’ai envie de leur rappeler ce célèbre slogan ferroviaire : Un train peut en cacher un autre

Mais ça c’est une autre histoire…

Sources :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_SNCF
http://www.alliancefr.com/actualite/desinformat/sncf.html