SMS, TEXTO, RESAUX SOCIAUX, PROZAC… Nov01

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SMS, TEXTO, RESAUX SOCIAUX, PROZAC…

toon914_twitter_prozacRécemment je lisais un article qui évoquait le stress généré par les réseaux sociaux et les sms. Cette lecture m’a fait penser à ces médicaments antistress. Le chlorhydrate de fluoxétine est un médicament antidépresseur. C’est un inhibiteur sélectif de la re-capture de la sérotonine. Dans certains types de dépressions, Les réactions normales d’un sujet, sont amplifiées. Vers le haut comme vers le bas. Autrement dit le dépressif devient euphorique ou mélancolique à l’extrême. On appelle ça des troubles maniaco-dépressifs. Le plus connu des médicaments soignant ce type de trouble est le PROZAC. Pour résumer, sa principale fonction est de lisser les émotions. L’ennui étant que ce sont elles qui nous construisent.
Pourquoi je le Prozac? Parce que j’y vois un parallèle singulier, avec mon introduction sur ces nouveaux moyens de communication.

Au début était le verbe, dit la Bible. Rassurez-vous je ne suis pas devenu bigot… Mais pour transmettre sa joie, son émotion, sa peine ou son amour, nous n’avons pas inventé grand-chose de mieux que les mots. L’histoire nous a fait parvenir quelques émotions épistolaires qui n’ont rien perdu de leur intensité à travers les âges. Vers la fin du XIXème siècle est apparu le téléphone. En matière de narration, certains ont pu y voir l’abandon de certaines envolées lyriques. Certes le gain de temps à surement amené une spontanéité absente de l’écriture mais d’aucuns ont gagné par la voix ce qu’il n’avait par l’écriture.  Toutefois ne nions pas que cette  invention ait permis  d’ajouter l’intensité des émotions aux mots. Mais je ne vais pas m’étendre sur ce que le verbe et la voix nous ont fait gagner. Mon propos est de dépeindre ce que twitter, Facebook et autres texto nous ont fait perdre.
Quand j’évoque l’intensité des sentiments, la mesure est toute relative. Même si il était possible de la mesurer, chaque individu étant différent, elle paraîtrait basse chez certain, alors que lui-même l’estimerait très haute et vice versa. À contrario  comment ressentir un quelconque sentiment et plus encore quel qu’intensité, face à une phrase laconique de 10 ou 15 mots. Et je vous passe l’orthographe tronqué façon ado de 14 ans….

Il n’y a plus aucune différence entre l’annonce d’un évènement apportant une joie profonde et celle des dernières péripéties de son animal de compagnie, ou de la virée entre copains. Si grâce à Facebook, nous pouvons dorénavant échapper à la séance de diapo sur la communion du petit dernier, ou celles des  vacances à Knokke-le-Zoute de la tante Charlotte, car après tout on n’est pas obligé de les regarder, Il n’en va pas de même quand la chair de sa chair, vous annonce une nouvelle à vous faire chavirer.
Que dire de la joie, d’apprendre que son enfant va se marier, d’entendre sa voix tremblante d’émotion, étranglée par des larmes de bonheur quand il vous annonce fièrement qu’il est père à son tour, ou qu’elle est mère. Sa voix, ses mots résonneront encore longtemps dans votre mémoire. Vous pourrez presque percevoir ses larmes, ou tout du moins les imaginer. La postérité est le nom patriote donné aux petits-enfants. » Ainsi, nos petits-enfants sont notre héritage – notre postérité. Ils représentent la génération future qui descend de nous.  Le temps qui passe, les vicissitudes de la vie, justifiées ou pas, éloignent peu à peu vos enfants de vous. Cet enfant qui parait est un peu votre prolongement.

Bien sûr, il y a eu ce premier stade, où les garçons ont ramené des « fiancées », l’enfant devenu homme, bien sûr, il y a eu le permis de conduire, l’autonomie, les premières invitations à diner chez eux, toute une foule d’indices qui aurait dû me laisser penser qu’ils avançaient en âge et moi aussi. Mais quand une nouvelle génération arrive, vous ne pouvez plus nourrir de doute. Et cette suite logique, naturelle, implacable, égale largement celle qui vous a envahi quand vous êtes devenue père.
Alors que dire quand cette annonce vous parvient plus au travers de la même phrase envoyée à tout le monde, sans aucune hiérarchie.  Vous êtes soudain ramené au même rang que le copain ou la copine, quand ce n’est pas à celui du collègue de travail.

Vous voudriez connaitre ses réactions, son ressenti, vous souvenir à travers elles, ce que vous avez-vous-même éprouvé quand vous avez regardé pour la première fois celui ou celle qui vient à son tour de devenir un parent. Percevoir ne serait que l’ombre d’une sensation est tout bonnement impossible face à quelques lettres fussent-elles illuminées sur un écran de 10cm sur 5. Comment partager ce bonheur quand parmi les 149  « amis » vous n’avez d’autres choix que de cliquer sur un « J’aime ». Quelle fierté éprouver alors même que les « réseaux sociaux » vous privent de toute primeur. Quand toutes les années où vous avez tremblez pour eux, ne comptent pas davantage que le groupe dans lequel vous incorpore Facetruc. Vous voudriez crier « Je t’aime » et non le cliquer.  Je ‘t’aime pour la joie que tu me donnes, je t’aime pour l’amour que tu ressens et que tu vas recevoir. Je t’aime pour les rires et les larmes que cet enfant va t’apporter. Je t’aime pour toutes les expériences que tu vas connaitre. Et enfin Je t’aime, car par mon amour et mes erreurs  je sais que tu seras le meilleur des pères. Parce à travers elle ou lui tu revivras ta propre enfance. Ainsi j’existerai encore un peu en toi.

Voilà tout ce que la voix, le temps, les mots pouvaient exprimer avant que ces nouveaux moyens de communications ne les remplacent. Après tout, de nos jours, on se fait licencier par texto. Que ce soit professionnellement ou amoureusement d’ailleurs. Tout comme le Prozac, cette forme de communication banalise sans distinction les évènements.

Que pourra-t-on lire comme épitaphe sur ma tombe?

Pour connaître son profil tapez « http://lepigiste.fr « 

Mais ça c’est une autre histoire.