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Mobile, Oh mon beau mobile dis moi qui est le moins cher !

Mobile, Oh mon beau mobile dis moi qui est le moins cher ! Et si en cette période de fête, nous nous remémorions les jolies histoires de notre enfance. Ces beaux contes et légendes où le pot de terre l’emporte sur le pot de fer. Où la méchante sorcière est vaincue par la belle princesse. Quand David terrasse Goliath. Certes dans l’histoire que je souhaite vous narrer, la princesse est bien ancrée dans notre 21ème siècle et n’a plus pour ambition d’épouser le prince charmant. Elle serait davantage désireuse, de flirter avec les positions dominantes de son marché, celui des mobile en l’occurrence, une croissance à 2 chiffres et telle Jeanne d’Arc… Elle aimerait bien revêtir l’armure du preux chevalier défendant la veuve et l’opprimé. Mais après tout, si nous sommes conscients des limites de sa vertu, au moins cela nous permet-t-il de de relativiser son rôle. Car en face que trouvons nous dans celui de la méchante sorcière, de l’infâme seigneur.

Plantons le décor : Sur fond de paysage radiotéléphonique mobile français, l’épique bataille d’un trublion ayant déjà sévit dans la fourniture d’accès à Internet, j’ai nommé FREE.et de l’autre côté dans le rôle de son principal opposant. La société Bouygues-Télécom. Nous évoquerons bien sûr les différents protagonistes annexes : L’autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), les autres opérateurs de télécommunications. Et l’incontournable pouvoir en place.
Le coté incongrue de cette histoire, pourrait paraitre amusant s’il n’était pas triste à pleurer. En effet je rappelle aux chers internautes qui me font le plaisir de me lire, qu’ils ont été, sont et seront spectateurs mais aussi acteurs de cette tragédie (comique ?).
J’avoue humblement que les faits datés que j’expose peuvent avoir un côté quelque peu ennuyeux à lire. J’ai essayé de faire sans. Objectivement (permettez-moi de l’être de temps à autre… !) je crois qu’il était nécessaire de relater les actions des protagonistes, surtout que cette évocation chronique n’a rien d’exhaustive. Aussi je l’ai volontairement placée en fin de mon article pour ceux qui ne souhaiteraient pas en prendre connaissance.

Les deux principaux adversaires :

BOUYGUES
« Sa nomination à la tête du groupe ne sera pas perçue comme légitime par bon nombre. Il ne parvient à se faire reconnaitre comme digne successeur de son père qu’à l’occasion de la tentative de raid de Vincent Bolloré. Entré au capital fin 1997, Vincent Bolloré, qu’il connaissait pourtant déjà en CM1, a rapidement remis en cause sa gouvernance, en contestant dès mars les comptes 1997 du groupe. Le conflit n’aura de cesse de s’intensifier jusqu’au rachat de la part de Vincent Bolloré, pour une valeur de 580 millions d’euros, par la holding de François Pinault. L’antipathie avec Vincent Bolloré est persistante, et Martin Bouygues ne sera pas présent au mariage de sa nièce (fille de Nicolas Bouygues) avec le fils de Bolloré. Sera-ce cet antagonisme qui poussera Martin Bouygues à commander au canadien Bombardier un Global Express. Ce jet haut de gamme, qui a également séduit Vincent Bolloré, et ce quelques temps après que le magazine Capital révèle que l’empereur du BTP, prenne possession de son dernier joujou : un yacht de 62,5 mètres de long.
Il sera le témoin du second mariage de Nicolas Sarkozy ainsi que le parrain de son fils Louis. Ainsi qu’invité à la réunion du Fouquet’s du 6 mai 2007, le soir de l’élection du Président. » Source Wikipédia

FREE
En Mai 2004, Xavier Niel est mis en examen et placé un mois en détention provisoire, soupçonné de proxénétisme et de recel d’abus de biens sociaux dans le cadre d’une affaire de peep-show.Remis en liberté, le fondateur d’Iliad – maison mère du fournisseur d’accès Free – gardera la main sur la stratégie du groupe. Pour la forme, il cèdera son poste de président du conseil d’administration.
Rappelons que Xavier Niel est actionnaire majoritaire du groupe (près de 70% du capital est en sa possession) Free est entré en Bourse le 30 janvier 2004, en cédant environ 15% de son capital.
La société Free qui en 2003 avait cassé le monopole de France télécom sur la téléphonie fixe, envisageait depuis longtemps une entrée sur le marché de la téléphonie mobile. Elle fut la première en Europe à avoir lancé une offre « triple play ADSL » – Internet haut débit, téléphonie gratuite et bouquet de chaînes TV.
Comme je le disais plus avant, Xavier Niel le fondateur de Free, à qui je donne le rôle du chevalier blanc, n’est pas à proprement parlé l’archétype du pourfendeur d’injustice tel qu’on pouvait l’imaginer dans les contes et légendes d’autrefois. Pour preuve, après avoir connu un succès certain dans le minitel rose…
Toujours est-il pour revenir à mon conte de noël,
Avec l’arrivée de Free Mobile, on s’interroge sur l’avenir de Bouygues Telecom.
Car il est bien le plus vulnérable des trois opérateurs historiques et le plus exposé à l’arrivée de FREE. Dépendant du marché français, contrairement à Orange, quatre fois plus petit que SFR dans l’Internet fixe avec sa Bbox, c’est également celui qui a le plus à perdre dans une guerre des prix. Ses abonnés sont les plus dépensiers, avec une moyenne de 43,40 euros par mois. Alors, quand le patron de Free prétend pouvoir diviser par deux les factures téléphoniques, tous les regards se tournent vers lui.
Conscient de ce risque, la filiale du groupe de BTP n’est pas restée inactive, loin s’en faut. Lors d’une rencontre, voilà déjà quelques années, Martin Bouygues avait exposé ses arguments à Xavier Niel, pour le dissuader de se lancer dans l’aventure. Le jeune dirigeant, avait écouté poliment son interlocuteur, sans changer le moins du monde d’avis. « Voyant qu’il ne m’avait pas convaincu, il m’a demandé gentiment de dégager », se souvient Niel.
On se souvient que Martin Bouygues avait eu cette phrase choc à leur encontre : « Je me suis acheté un château, ce n’est pas pour laisser les romanichels venir sur les pelouses. »
Parallèlement, la filiale de Bouygues est aussi passée à l’offensive. Sa botte secrète : B&You. Cette offre, tarifée 24,99 euros, avec appels, SMS et Internet illimités, est accessible uniquement en ligne, sans engagement de durée et sans téléphone subventionné. Dans ses vœux, présentés aux salariés le 7 décembre, Olivier Roussat annonçait la couleur : « B&You marche clairement sur les codes de Free, issus du monde de l’Internet. En s’adressant à un internaute autonome, notre offre sera donc le principal challenger du futur entrant. » Pour l’heure, B&You n’attire qu’un peu plus de 15 000 clients par mois. L’express.fr Jeudi 29 décembre 2011.
Lors de son émission télévisée DU 4/05/2011, le magazine CAPITAL donnait la parole à un représentant de Bouygues Télécom. A la question du journaliste : « pourquoi une minute de téléphone mobile revenant à 3cts d’euro était revendu 18cts » le directeur de Bouygues Télécom répondait d’une façon naturelle : « Mais parce que nos clients sont prêts à payer ça. ».
Heu !!! On avait le choix (voir la condamnation pour entente illégale).
Je n’aurai pas la naïveté de croire que Free vient au secours de nos portefeuilles par pure bonté d’âme. Mais dans une économie de marché, quand la concurrence n’est pas tronquée, voir déguisée. L’arrivée d’une société annonçant qu’elle va diviser notre facture de mobile par 2 ou 3 ou plus, ne me semble pas une mauvaise initiative. A l’instant où j’écris ces lignes, si les annonces sont justes. Un tout illimité vendu il y a encore quelques mois par les 3 « concurrents » historique tournait aux alentours de 100 euros. Abonnées chez Free des 1èere heures, je devrais voir ma facture divisé par 5.
Enfin pour être tout à fait franc, après une étape. Ayant eu l’éclair de génie de refuser les offres mirobolantes (10%) qui m’auraient réengagé pour 1 ans minimum à mon opérateur, j’ai pu changer pour un contrat sans engagement qui m’apporte l’illimité (selon la notion toute relative des opérateurs… voir le dernier paragraphe) et qui m’a fait économiser plus de 35%
En effet la simple annonce de son arrivée (FREE) a poussé Orange, Bouygues et SFR à proposer des forfaits bien plus attractifs qu’au paravent. Avec cet aplomb qui caractérise de plus en plus les sociétés commerciales « nous avons écouté nos clients ». A mon avis la communication devait mal passer entre les clients et elles. Ce qui est assez anachronique pour des sociétés qui sont censées en produire et en vendre.
Il semble bien en effet que nous ayons été pris à nouveau pour des vaches à lait. La France ayant été rappelé à l’ordre à de nombreuses reprise, pour ses tarifs en matière de communication vers l’étranger, le cout des SMS, et aussi pour la minutes mobile nationale. En effet il aura fallu presque 10 ans à la commission européenne pour obliger les opérateurs à ramener leur tarif de 24 cts à 18 cts. Voilà donc une décennie que nous payons et surpayons.
Lors d’une entrevue accordée au quotidien économique Les Échos, Jean-Paul Bailly, PDG du groupe La Poste, indique avoir une stratégie différente des autres acteurs du secteur :  » Tous nos concurrents se positionnent par rapport à l’Internet low cost. Notre créneau, c’est le contact et la relation de proximité. » Quand on voit le nombre de bureaux fermés et celui des guichets réservé au service postaux par rapport aux services bancaires, on imagine assez bien la notion de service tel que l’imaginent les dirigeant de la poste.
Cité par le quotidien économique La Tribune mais non nommé, un cadre d’un des trois opérateurs mobiles déclare de son côté que Free Mobile trouvera à qui parler s’il veut jouer les trouble-fêtes :  » Il n’y a aucune innovation tarifaire à laquelle nous ne puissions répliquer.  » Comprenez par-là que les opérateurs ont une importante marche de manœuvre en ce qui concerne les tarifs. Forcément, ils ont largement surfacturé les leurs depuis 10 ans.
La question que l’on peut se poser cependant est de savoir pourquoi les français ont été pendant si longtemps les utilisateurs de téléphone mobile qui payaient la minute le plus cher au niveau mondial (la minute d’appel était 27 fois plus chère en France qu’en Autriche.). […] Cher Monsieur, une information importante semble vous échapper, le fait que en France les téléphone mobile soit subventionné par les opérateurs mobile, un exemple simple un iPhone vaut en magasin 799 euros qui peut se permettre de l’acheté nu donc en étant vendu à 170 euros avec un abonnement. Ce que cette personne oublie de dire c’est que le surcoût de l’appareil est largement rattraper par la différence de tarifs proposés aux français et que l’obligation de s’abonner pour 24 mois permettait même aux opérateurs de réaliser une marge supplémentaire sur la vente de l’appareil.
Mais après tout, personne ne nous a mis un révolver sur la tempe pour signer. Et quand bien même, une mobilisation plus active auprès des associations de consommateurs, auraient certainement eu davantage de poids.

Historique du conte (Compte… ?)

Au lendemain de l’entrée dans le 21ème siècle, notre beau pays décide de se doter d’une couverture radiotéléphonique moderne. Ainsi nait la 3G. Elle sera attribuée à un certain nombre de sociétés sous forme de licence. Biensûr, aucune surprise de ce côté. Les opérateurs déjà présents se partageront le marché.
L’opérateur historique France télécom, par le biais de sa filiale ORANGE (rachetée en août 2000, à Vodafone pour un coût total estimé à 39,7 milliards d’euros. Vodafone, le numéro un mondial du mobile, détiendra donc un peu moins de 10% de France Télécom. Et deviendra ainsi le deuxième actionnaire de l’opérateur français après l’Etat, qui voit sa participation fondre de 63% à 54%).
Et la Compagnie générale des eaux via sa société CEGETEL (qui deviendra CEGETEL-SFR, puis SFR).

  • 12 2002 : l’autorisation UMTS de Bouygues Télécom, signée par le ministre le 3 décembre, est publiée au Journal officiel. Cette autorisation, délivrée pour 20 ans, prévoit que deux ans après sa publication, le réseau devra être ouvert commercialement et couvrir au moins 20 % de la population.

  • En 2004 déjà la position monopolistique des 3 opérateurs donnait pas mal de travail aux tribunaux. Allez voir ce formidable site qui rassemble la plus grande partie de la jurisprudence …3w.juristel.free.fr. Vous y verrez ainsi les jugements reproduits dans leur intégralité par un étudiant en droit qui fait (pour nous tous) un travail considérable ! Le Conseil de la concurrence conclura que les trois opérateurs mobiles se sont partagé le marché français de 1997 à 2003, en s’échangeant des informations sur leurs abonnés et en définissant leurs parts de marché respectives. Dans un 1er temps l’amende s’élèvera à 442 millions d’euros pour les 3 opérateurs. Après appel, en 2009 la 1ère chambre de la cour d’appel de Paris confirmera que les 3 opérateurs devront donc bel et bien verser 92 millions d’euros d’amende pour échange d’informations stratégiques.

  • 05/2005 : L’Autorité fixe un nouveau calendrier de déploiement UMTS à Bouygues Télécom

  • 07/ 2007 : l’Autorité publie la mise en demeure faite à Bouygues Télécom de se conformer aux obligations de couverture de sa licence 3G, notamment de couvrir 20% de la population française.

  • 10/2008, selon le Figaro, le gouvernement s’apprêterait à repousser à 2012 l’attribution d’une nouvelle licence 3G ! « La quatrième licence mobile serait à 98% enterrée ». Le gouvernement opterait ainsi pour une attribution des fréquences par blocs aux trois opérateurs existants (Bouygues, Orange et SFR). Ainsi, le Plan Numérique que doit présenter Nicolas Sarkozy le 20 octobre prochain « repousserait l’entrée d’un nouvel acteur à 2012 »

  • 11/2008 – Martin Bouygues, de PDG de Bouygues Telecom ne souhaite pas que Free obtienne la quatrième licence mobile française. Il prévient que cette décision pourrait être « lourde de conséquences ». Selon lui « si l’on veut plus de concurrence et faire baisser les prix pour le consommateur, Free serait donc déjà bien inspiré de réduire un peu ses marges sur l’ADSL avant de penser à venir dans le mobile ». Il avertit le gouvernement « si le gouvernement autorise un nouvel entrant à venir faire de l’ultra « low cost » dans le mobile, il prend une lourde responsabilité. A terme, une guerre des prix peut provoquer de 10 000 à 30 000 pertes d’emplois chez les opérateurs.

12/2008 : à quelques jours de la fin de son mandat, Paul Champsaur (Président. Autorité de Régulation des Communications) s’exprime sur la 4e licence 3G dans une interview donnée aux « Echos » du 24 décembre 2008. Extrait. « […] je fais confiance aux autorités publiques pour prendre une bonne décision sur ce dossier. Je suis favorable à une procédure d’attribution où l’on réserve, dans une première étape, une partie des fréquences à un nouvel entrant. La France est le seul grand pays européen où il n’y a que trois opérateurs mobiles. Il faut faire tomber les barrières à l’entrée dans le mobile, comme on a pu le faire dans le fixe. Bouygues Telecom vient d’entrer sur le marché du haut débit fixe. Il faut que l’inverse soit possible. »

Nicolas Sarkozy saucissonne la quatrième licence 3G.

  • En juillet 2008, le Canard Enchaîné confirme que Nicolas Sarkozy a décidé de saboté le dossier de Free, en divisant la licence 3G en trois lots, comme lui aurait demandé son ami Martin Bouygues, propriétaire de l’un des trois gros opérateurs. « Je me suis acheté un château, ce n’est pas pour laisser les romanichels venir sur les pelouses », aurait-même dit l’industriel à l’hôte de l’Elysée. En réaction, Free s’adresse au « candidat du pouvoir d’achat » et affirme que s’il a accès à la quatrième licence 3G, il divisera le prix des forfaits par deux. Effet assuré auprès des ménages.

  • En septembre 2008, l’Arcep (depuis reprise en main par l’Etat) fait pression sur l’Elysée pour qu’il accepte d’octroyer la quatrième licence 3G, en réservant au moins l’un des lots à un nouvel opérateur, Free. François Fillon annonce alors que le dossier sera décidé début 2009. Mais dès octobre 2008, le Figaro écrit que « la 4ème licence c’est à 98 % enterré ». Faisant fi de la position de l’Arcep, Nicolas Sarkozy aurait décidé selon le journal que les trois lots de la quatrième licence seraient distribués aux trois gros opérateurs. En réaction, Free décide cette fois de devenir un opposant politique. Le patron Xavier Niel, jusque-là discipliné, multiplie les prises de paroles contre la loi Création et Internet et la fameuse riposte graduée. Il s’en prend également au projet de filtrage du net voulu par Nicolas Sarkozy. Le message est clair : si Free n’a pas accès à la quatrième licence 3G, il usera de tout son pouvoir d’influence pour faire échec aux projets de Nicolas Sarkozy dans le contrôle du net.

  • 01/2009 – Free sera le quatrième opérateur 3G… à priori. Le premier ministre François Fillon a lancé un appel d’offre pour l’attribution d’une 4eme licence 3G avant l’été. Orange, SFR et Bouygues Telecom vont avoir un nouveau compagnon de route, ce qu’ils ne voient pas forcément d’un très bon œil. Depuis, tous les regards sont tournés vers Free Mobile, désireux d’être le candidat… depuis 2007, et opérateur le plus « sérieux », à priori.

  • 05/2009 – Il n’y aura peut-être jamais de 4ème opérateur 3G en France. Iliad doit se mordre les doigts d’avoir refusé de payer en une seule fois les 620 millions d’euros qu’exigeait le gouvernement avant l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Ce refus avait logiquement conduit au rejet de sa candidature par l’Arcep, ce qui devait simplement précipiter de nouvelles négociations, qui ont eu lieu. Le Parlement a adopté dans le cadre de la loi Chatel une disposition qui permettait à Free d’échelonner le paiement de la quatrième licence 3G. Mais c’était sans compte sur le fait que Nicolas Sarkozy décide, en novembre 2007, de s’occuper personnellement du dossier.

En avril de l’année dernière, les premières rumeurs ont commencé à circuler sur l’intention de l’Etat de renoncer à ouvrir le marché à un quatrième opérateur. Puis finalement, Nicolas Sarkozy a décidé que les 15 Mhz allaient être scindés en différents lots, ce qui a relancé tout le processus d’octroi des licences. Le dossier fut repoussé à 2009… Sur fond de chantage aux opérateurs déjà titulaires des licences : Orange, SFR et Bouygues.
Pour qu’ils acceptent sans protester de voir leur chiffre d’affaires taxé au profit de la télévision publique, la quatrième licence a en effet été instrumentalisée. Le Président du groupe UMP à l’Assemblée, Jean-François Copé, qui avait présidé la commission sur la télévision publique, l’a confessé à des journalistes inquiets que la taxe puisse être répercutée sur le prix des forfaits. « A mon avis, ils ne toucheront pas à leurs tarifs, sinon on ouvrira une quatrième licence. Ca va les calmer très vite ! », avait ainsi lâché Copé.
Le gouvernement jouera la montre jusqu’à février 2010.
Hasard ou coïncidence, mis sous pression par Bruxelles, Matignon décide fin 2008 de remettre à l’ouvrage le dossier, tandis que Martin Bouygues joue du chantage à l’emploi pour convaincre Nicolas Sarkozy de ne pas bouger.

Début 2009, comme il l’avait promis, François Fillon assure que la quatrième licence sera attribuée d’ici l’été, ce qui calme l’opposition de Xavier Niel, en particulier contre la loi Création et Internet. Un débat parlementaire est organisé pour valider le processus d’octroi des lots de fréquence, qui coûtera finalement 206 millions d’euros à Free. Ne reste plus que la validation de l’Arcep, ce qui ne devait être qu’une formalité puisque le Conseil d’Etat avait déjà donné un avis favorable, contraire à la position défendue par Vivendi, la maison-mère de SFR.

Mais finalement, le gouvernement a décidé une nouvelle fois de retarder le dossier. En avril 2009, Luc Chatel annonce que la Commission des participations et des transferts (CPT) sera consultée pour vérifier la conformité du montant demandé avec les intérêts de l’Etat.

Or cet ultime rebondissement n’est pas sans conséquences. Le Canard Enchaîné a en effet publié cette semaine un article qui prête au gouvernement l’intention de gagner du temps, jusqu’à ce que le prix du déploiement d’une offre mobile devienne trop important pour Free. « La réglementation prévoit en effet qu’Orange, SFR et Bouygues céderont à tout nouvel entrant une partie de leurs fréquences sur la meilleure bande, celle des 900 MHz. Mais à une condition : que la licence soit attribuée avant le 30 juin 2010 », raconte le journal. « Au-delà, ils ne devront plus rien au quatrième opérateur. Celui-ci ne disposerait alors que de fréquences sur la bande des 2100MHz, laquelle nécessite 3 fois plus d’antennes pour fonctionner. La couverture de la totalité du territoire lui couterait 9 milliards au lieu de 3, selon un haut fonctionnaire de Bercy. Cela rendrait l’opération irréalisable ».
Or, selon le Canard Enchaîné, la procédure d’attribution de la nouvelle licence prendrait 8 mois à partir du moment où la CPT rend son avis. L’objectif inavoué du gouvernement serait donc de retarder au maximum les choses, pour que l’avis ne soit pas donné avant février 2010, ce qui sauvera les trois opérateurs.

Une manœuvre d’autant plus gênante que le futur président d’Orange, Stéphane Richard, est l’ancien directeur de cabinet de Bercy, qui ne compterait « que des amis » au sein de la CPT.

  • 08/2009 – France Télécom veut contester le prix de la quatrième licence de téléphonie mobile. France Télécom va saisir la Commission européenne pour contester le prix de la quatrième licence de téléphonie mobile, fixé par le gouvernement.

  • 09/2009 – A quelques jours de la fin de l’appel à candidatures pour la quatrième licence 3G, pour laquelle seule Free a pour le moment montré de l’intérêt, c’est du côté de la contestation que les choses évoluent. L’opérateur Bouygues Telecom a ainsi déposé deux recours auprès du Conseil d’Etat pour contester le processus d’attribution de la quatrième licence, estimant que les conditions sont trop profitables au nouvel entrant potentiel. L’autre recours déposé par Bouygues Telecom demande l’annulation du processus d’appel à candidatures selon les conditions définies par l’Arcep. L’opérateur conteste l’obligation qui lui est faite de louer une partie de son réseau au nouvel entrant, en attendant que ce dernier puisse bâtir sa propre infrastructure réseau, et de devoir lui céder une partie de ses fréquences, comme cela est pourtant prévu dans les conditions de sa propre licence 3G.

Les Licences 4G LTE qui vont être très prochainement aux enchères sont cruciales pour les opérateurs, et les engage pour les 12 à 15 prochaines années. En 2016, les trois MNO auront ouvert leur réseau 4G LTE depuis quelques temps, Et donc Free Mobile serait un peu en retard sur ce coup.

L’opérateur tentait d’obtenir l’étalement du paiement du prix de la licence 4G, mise aux enchères par le gouvernement. Free devra pour l’instant accepter de payer comptant, ou se tenir à l’écart de l’appel à candidature pour les licences 4G. Mercredi, le Conseil d’État a rejeté en référé la demande de l’opérateur d’obtenir un étalement du versement.

Bouygues Telecom, de son côté, conteste que les opérateurs aient à prendre en charge les coûts liés au brouillage des fréquences 4G par les signaux de la TNT.

  • Janvier 2010 L’Autorité de régulation des télécoms a annoncé ce vendredi avoir attribué la quatrième licence de téléphonie mobile au fournisseur d’accès internet. Orange, SFR et Bouygues Telecom devront désormais se partager le marché de la téléphonie mobile avec un quatrième opérateur. Free, filiale du groupe Iliad, vient de remporter la quatrième licence mise en jeu par l’Arcep contre 240 millions d’euros. Le dossier de Free a été évalué selon plusieurs critères, les plus importants étant la «cohérence et crédibilité du projet» ainsi que la «couverture du territoire», d’après le communiqué de l’Autorité de régulation : «L’arrivée de ce nouvel acteur devrait avoir un effet favorable sur la dynamique du marché de la téléphonie mobile, et, plus généralement, devrait être un facteur positif pour le développement des services de communications électroniques», estime l’Autorité, qui a longtemps critiqué le manque de concurrence dans la téléphonie mobile.

Free s’est engagé à démarrer son offre commerciale au maximum deux ans après avoir obtenu sa licence, c’est-à-dire au premier trimestre 2012.
L’Arcep juge que Free Mobile pourra «aider à réduire la fracture sociale» grâce à des offres «systématiquement plus attractives» que la concurrence. Le nouvel opérateur prévoit ainsi de vendre un forfait de trois heures d’appels vers les fixes et les mobiles pour moins de 20 euros par mois. C’est environ moitié moins cher que chez Orange. «Notre but est bien de faire économiser 1.000 euros par an aux familles», avait confirmé Xavier Niel.

  • 7/10/2010 – Free ne joue pas le jeu d’Hadopi, Frédéric Mitterrand s’en mêle Le bras de fer entre Free et le gouvernement peut commencer. L’objet du litige ? Free a tout simplement fait savoir qu’il attendait d’avoir des garanties quant aux modalités du dispositif, notamment sur la confidentialité des données, avant d’envoyer les mails Hadopi à ses clients. Une attitude condamnée par la présidente de l’autorité. Free a en effet tout simplement a refusé de faire suivre aux abonnés concernés un e-mail d’avertissement prévu en cas de piratage avéré.

Autres infos.
En septembre dernier, l’Assemblée Nationale avait voté la possibilité pour les opérateurs télécoms d’utiliser l’expression « illimité » pour des offres mobiles et internet qui ne le sont pas vraiment. Seul petite nuance, l’opérateur devra informer le consommateur des restrictions ou des exclusions « de façon claire, précise et visible ». Une information qui devra apparaître de façon distincte par rapport aux autres mentions informatives.

Les sénateurs ont, eux, estimé que ce n’était pas suffisant. Ils ont ainsi revu le texte adopté par l’Assemblée National concernant l’utilisation du terme illimité et internet.Les sénateurs ont interdit purement et simplement l’expression « illimité » quand la limitation engendre « une coupure temporaire, une facturation supplémentaire des services ou une dégradation excessive de débits ou de la qualité de service ». Ils ont également encadré le terme « Internet ». Celui-ci ne pourra plus être utilisé s’il y a des limitations concernant l’utilisation de services accessibles par internet, tels que définis par l’ARCEP. Le texte va maintenant repartir à l’Assemblée Nationale.

il restera donc à savoir si les députés reviendront au texte initial ou conserveront certaines de modifications des sénateurs.

 

Mais ça c’est une autre histoire.