Merde, c’est grossier…. Jan06

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Merde, c’est grossier….

Merde c’est grossier…Secrétaire d’état ça peut être vulgaire. De tous temps, l’humour à permis à l’homme de supporter les pires des situations. Du temps des rois, le fou représentait souvent une forme de contre-pouvoir. La possibilité de dire tout haut, ce que bon nombre pensait tout bas. Mais à l’instar de ses contemporains, l’humour est souvent le reflet d’une société. Il peut se trouver censuré, contraint, bâillonné. 
Le plus alarmant est quand l’humour, ou plus précisément les humoristes, se censurent eux-mêmes. Si encore cette auto censure se faisait au nom d’un instinct de survie face à la répression aveugle d’un pouvoir ou d’une dictature. Aussi surprenant que ce soit, c’est souvent l’inverse. La satire, la dérision, la défense par l’humour, est souvent porteur de message dans les périodes de révolte.

J’entendais récemment un humoriste qui à mon grand regret fait figure de dinosaure dans le paysage actuel. Je veux parler de Guy Bedos. Reprenant la question du journaliste qui l’interviewait sur les humoristes actuels, il rétorquait, qu’à son sens (et au mien accessoirement !) il n’y avait plus d’humoriste à l’heure actuelle. Tout du moins selon la définition qu’on pouvait s’en faire jusqu’alors.
Guy Bedos les classait dans la catégorie des Comiques, « comme s’il avait peur de perdre leur clientèle »
En effet les successeurs de Coluche, Le Luron, Desproges… Bedos, se nomment  Canteloup, Gerra, Bigard, Foresti, Jamel, Roumannof… Ceux qui pourraient à mon sens s’enorgueillir de cette honorable filiation sont largement boycottés par les médias et parfois même punis par le pouvoir en place. Comme Stéphane Guillon et Porte virés de France Inter.
Fin mai 2010, Didier Porte, qui réalise la chronique humoristique le jeudi, est au cœur d’une polémique pour avoir fictivement conseillé à Dominique de Villepin de répéter après lui la phrase « J’encule Sarkozy ». Il écope d’un avertissement. Stéphane Guillon, prétextant « bouder » de ne pas avoir été mis à la porte alors que ses chroniques font déjà grand bruit, défie sa direction. »Si je dis que je sodomise le président ça fait un avertissement. Mais si je dis que je sodomise le président qui a des yeux de merlan frit : attaque physique, deuxième avertissement ! »
« Quand Stéphane Guillon qualifie Éric Besson de félon pitoyable, Guillon dit la vérité, il doit être exécuté. Et tant pis si le même est devenu, d’après le sondage réalisé par LH2 pour Bakchich Hebdo, « l’humoriste politique le plus insolent » et le plus populaire auprès des Français. On trouve toujours quelqu’un pour tirer le cordon de la guillotine, un traître de préférence. Philippe Val, directeur de France Inter, nommé à ce poste par Nicolas Sarkozy, en est un. Autrefois amuseur, avec des textes impitoyables parlant de révolution, Val est passé du bon côté de l’assiette, là où la soupe est meilleure. Habile pour le président de la République que de laisser aux mains sales d’un « homme de gauche » la charge de bâillonner Stéphane Guillon et Didier Porte, des hommes libres. » http://www.bakchich.info/societe/2010/06/26/lhumour-politesse-du-desespoir-58071

 A l’heure actuelle, les soi-disant sketches politiques, n’ont d’autre but que d’enfoncer des portes ouvertes, ou de caricaturer davantage des blagues dignes du café du commerce. Mais surtout pas d’éveiller les consciences comme a pu le faire par le passé l’équipe des guignols, si institutionnalisée aujourd’hui.
Comme l’explique le sociologue Jean-Pierre Frappier, les stars du rire font salles combles, envahissent les chaînes de radio aux heures de grande écoute, et suscitent parfois le buzz sur la Toile. « Dès qu’il y a une période de crise, les gens ont tendance à se réfugier dans ce genre de spectacles. Il y a une floraison de comiques depuis une dizaine d’années, mais en même temps, il y a moins de figures tutélaires comme Coluche, Thierry Le Luron, ou Pierre Desproges », décrypte le professionnel, dénonçant également le déclin de l’esprit corrosif des humoristes et la consensualité de l’humour contemporain.
Il est difficile de nos jours de faire carrière uniquement sur scène. Les médias restent souvent un passage obligé pour se faire connaître. Tout comme la collusion des journalistes et du pouvoir n’est plus à prouver, que dire de l’humoriste qui fustigerait à longueur de chronique tel patron, tel homme politique aux responsabilités, sans prendre le risque de se voir écarté des ondes.
Un pays sans journalistes libres et sans humoristes libres sent une certaine forme de totalitarisme et de dictature, qu’on le veuille ou non », estime Guy Bedos. Les médias ont évolué et le face à face entre les humoristes et les politiques a donc changé. Aujourd’hui, la place du direct à la télévision est quasi inexistante. On ne verrait plus un billet de banque brûler sur un plateau. La disparition du direct dans les talk-shows ou autres divertissements est, assurément, une forme de censure.
Aujourd’hui, les humoristes, principalement ceux qui remportent un certain succès à la radio comme Nicolas Canteloup ou Laurent Gerra, ont opté pour un nouveau registre. “Un registre qui est beaucoup plus celui de la dérision, qui prend moins comme objet le contenu politique que la manière dont vivent les politiques et même la façon dont ils sont eux-mêmes”, explique Dominique Reynié, professeur à Sciences-Po.

Dans la lignée des humoristes encore « libres» Sophie Aram a été  formée à l’école de l’improvisation théâtrale, puis au théâtre avec la Compagnie du Théâtre du Sable. Le 31 août 2011, elle épingle la station Sud Radio, en indiquant que ceux-ci (les électeurs du FN) avaient désormais une station bien à eux pour exprimer leurs idées. Ces prises de position virulentes à l’égard des électeurs du FN avaient déjà fait l’objet, le 29 mars 2011, de rappel à l’ordre de France Inter de la part du CSA.

Elle a eu également quelques échanges fameux avec Nadine Morano. Ah ! Cette chère Nadine. Que n’a-t-elle pas fait une carrière de comique. Elle a, à mon sens, raté une belle vocation. Le départ ou les « re-casage » des principaux conseillers de nos ministres auquel le cabinet de Mme Morano n’échappe pas, tenterait-il à prouver que l’avenir dans ce domaine lui est ouvert ?

Nadine Morano est à fond! Ses messages sur Twitter pendant les fêtes ont au mieux amusé ses followers ou au pire énervé ses adversaires politiques, son accrochage avec Sophie Aram sur France Inter mercredi matin a fait le buzz, sa déclaration à la sortie du conseil des ministres le même jour, demandant des excuses publiques de François Hollande dans l’affaire du «sale mec», a alimenté la polémique et aujourd’hui, son interview avec Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV fait jaser.
Lorsque celle-ci a affirmé que la TVA était plus élevée en Allemagne qu’en France, il lui a demandé quel était le taux allemand et Nadine Morano lui a répondu: «de trois points supérieurs à la nôtre».
Je ne perd pas l’occasion de rappeler que dans mon précédent article, j’évoquai la taux allemand de 19% (après application de la TVA sociale) par rapport au notre de 19.6% avant.
Elle a ensuite réaffirmé que Philippe Val, le directeur de France Inter, l’avait appelée suite au clash avec Sophie Aram. «Il m’a téléphoné pour s’excuser et pour me dire que cette chronique n’était pas du tout humoristique, qu’elle était blessante et vulgaire, et qu’il l’avait dit à cette personne» a-t-elle expliqué. La direction de la radio a ensuite démenti auprès de Libération: «Philippe Val a appelé Nadine Morano parce qu’il y a eu un incident d’antenne, mais il n’y a jamais eu d’excuses».
Je suppose que Nicolas Sarkozi, qui espérait sans doute que les déclarations de son « tireur d’élite » fassent le buzz, ne prévoyait pas un tel succès. J’en suis à la 15eme page sur Google, et toujours cette affaire « Jean-Jacques Bourdin : « Vous dites des bêtises, Nadine Morano ». Mais après tout, une des principales qualités d’un chef n’est-elle pas de savoir s’entourer ? Ah sacré Nadine, sans cette fonction de secrétaire d’état, tu me ferais presque rire. Presque !
Si en octobre, la secrétaire d’État ne se retrouvait à nouveau prise à son propre piège médiatique lorsque PARIS MATCH consacre une double page à sa vie de famille. On la voit jouer à un jeu vidéo avec ses enfants, « Grand theft auto », dans lequel le joueur incarne un jeune malfrat qui grimpe petit à petit les échelons du crime organisé. Or, lors de la sortie de la quatrième version de ce jeu, elle en avait elle-même dénoncé la violence, le jugeant « amoral » et appelant les parents à la « vigilance » quant aux loisirs électroniques de leurs enfants.
Si le 14 décembre lors d’une nouvelle prise de parole de Nadine Morano, captée par une caméra amateur, n’avait pas fait polémique. Lors d’une réunion publique consacrée au débat sur l’identité nationale, dans les Vosges, la secrétaire d’Etat à la famille estimait que les jeunes Français de confession musulmane doivent aimer leur pays, trouver un emploi et respecter certains codes vestimentaires et de langage.
En novembre 2010, Nadine Morano s’inscrit sur le site de micro-blogging Twitter et se passionne pour l’outil. Entre cette date et le 6 janvier, elle publie 760 tweets, soit une moyenne de 17 par jour.
Le monde a changé. On suit ou on ne suit pas. Comme pour toutes les époques il y à du bon et du moins bon. Je serai le dernier à me plaindre de la prépondérance d’Internet. Si trop de communication peut tuer la communication, elle ne tuera jamais le principal, la liberté. Mais je souhaite de tout cœur que le nivellement par le bas de notre système éducatif et de notre culture, et la bêtise de certaines de nos élites trouvent encore longtemps un mouvement de résistance en face d’eux. Car hélas, pour les juger, nous n’avons plus le tribunal des flagrants délires.

Mais ça c’est une autre histoire….