L’obsolescence programmée

L’obsolescence programmée est une stratégie visant à réduire la durée de vie d’un produit pour augmenter son taux de remplacement et provoquer un nouvel achat prématurément.

Croire que cette pratique est venue avec l’avènement de l’électronique est une erreur assez répandue. L’un des premiers à avoir développé cette théorie, est Bernard London, en 1932, dans un texte appelé « Ending the Depression Through Planned Obsolecence » (En finir avec la dépression, par l’obsolescence programmée). Et il voulait vraiment faire de cette théorie un modèle économique de relance.

En 1954 Brooks Stevens, designer industriel américain, disait que c’était « inculquer à l’acheteur le désir de posséder quelque chose d’un peu plus récent, un peu meilleur et un peu plus tôt que ce qui est nécessaire ».

Mais la théorie de l’obsolescence programmée, si tant est que c’en soit une, a aussi ses détracteurs. Pour Alexandre Delaigue, professeur d’économie à l’université de Lille Pour Alexandre Delaigue, professeur d’économie à l’université de Lille « l’obsolescence programmée n’existe pas ». Il évoque un principe de rentabilité qui impliquerait qu’une entreprise qui aurait à choisir entre vendre deux téléphones à 500 euros en trois ans ou un seul téléphone à 1 000 euros en une fois, opterait pour la seconde solution au motif qu’un un seul téléphone à 1 000 euros, représenterait des coûts de productions moins élevés. « Pour moi, la raison la plus plausible, c’est celle de l’erreur de conception ; l’entreprise préfère ne rien dire pour ne pas nuire à son image de marque. Puis elle corrige le problème sur la gamme d’après. »

Je ne suis pas du même avis pour la raison que les gammes sont soit disant améliorées. Par un tas d’artifices comme telle ou telle fonction supplémentaire… ce qui donne au client le sentiment d’acheter un meilleur produit que l’ancien, plus performant, voir plus fiable.

C’est d’autant plus vrai qu’en période de crise, à l’heure ou le prix d’achats devient souvent le critère principal devant la qualité, l’acheteur choisira de débourser 500€ la première fois, plutôt que 1000 €. Quitte hélas à devoir payer la différence plus tard.

Sur le plan législatif, la seule solution semble être l’extension de la garantie. Aujourd’hui, elle est encore d’un an pour de nombreux appareil, voire de deux ans. Si on l’étend à trois, cinq ou sept ans, le fabricant sera tenu de faire réparer à ses frais si le produit tombe en panne dans la période.

De nombreuses alternatives émergent pour répondre et réagir à l’obsolescence programmée. Des plates-formes d’échanges entre utilisateurs s’organisent autour de la réparation à l’instar du site américain iFixit. En parallèle, de nouveaux modèles économiques fondés sur l’écoconception se développent et les labels environnementaux commencent à prendre en compte la durée de vie du produit pour informer le consommateur. De plus, des initiatives de législation sont promues, notamment pour allonger la durée de garantie des biens de consommation… (http://obsolescence-programmee.fr/).

l-obsolescence-programée

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