Le mariage pour tous ou Le saigneur des anneaux Avr19

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Le mariage pour tous ou Le saigneur des anneaux

Je ne souhaitais pas réellement partager mon sentiment sur la question du mariage pour tous. Car jusqu’à aujourd’hui je dois avouer que j’étais divisé. Comme un certain nombre, j’ai reçu une éducation judéo-chrétienne (plus judeo que chrétienne d’ailleurs). Cette parenthèse pour préciser qu’étant de confession juive, il pourrait sembler paradoxale que je parle de chrétienté dans mon éducation. Hors mes parents n’étant que peu pratiquant, ma morale s’est forgée, sinon surtout, mais à tout le moins, sur les bancs de l’école républicaine. 

Je veux d’ailleurs insister sur la morale. Sans vouloir paraitre passéiste, nous avions des cours de morale, jusqu’en CM2. Ma passion pour l’histoire et les religions, m’a amené à certaines réflexions. Outre le fait que le catholicisme ai jeté l’anathème sur tout un peuple pendant deux mille ans, il est un fait qu’en France, en 1789, lors des états généraux, le clergé, était assis à droite du roi, avec la noblesse. Ce clivage n’était que l’héritage de deux millénaires d’asservissement du peuple. C’est la leçon que j’en tirais bien des années plus tard quand j’analysais, les fameux cours de morale que l’école de jules Ferry, nous dispensait. La même qui avait engendrée la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’état.
J’ai ressenti la même chose lorsque j’ai vu les centaines de jeunes gens défilés contre ce projet de loi à Paris. Les dignes descendants de ceux, qui 20 ans plus tôt manifestaient pour l’école libre. J’avais envie de leur répondre qu’ils étaient la continuité des opposants au divorce, parfois issue vraisemblablement eux même de familles recomposées. De ceux qui luttait contre l’avortement, mais entre parenthèse étaient bien heureux que d’autre pays comme l’Angleterre, leur permette à l’époque d’y avoir recours, quand la famille n’avait pas les moyens de faire appel à des cliniques privées.  Voir du vote des femmes. Qu’ils soutenaient par leur action, l’interdiction du préservatif, face au sida, qu’ils justifiaient le refus d’avorter en cas de viol, même pour une mineure. A quand le retour de la lapidation? A non c’est vrai c’est un juif qu’il l’a rendu caduque…
Je dédie spécialement ces lignes à Mme Boutin. La comédie qu’elle a jouée lors de la manifestation, ainsi que sa réaction face aux lacrymogènes de la police, sont à mon sens in dignes de ce qu’elle a représentée. Une élue du peuple qui lorsqu’elle était au gouvernement n’a jamais manifesté la moindre compassion, pour les ouvriers, les fonctionnaires, les étudiants qui pouvaient comme elle l’a expérimenté, se trouver face aux C.R.S et eux aussi être gazés. Quant aux parents qui ont mis en avant leurs enfants, pour défendre soi-disant leurs intérêts, ils me rappellent un épisode peu glorieux. Celui de M. kadhafi se servant de familles comme boucliers humains.
Ce projet de loi, n’a pas je crois pour volonté d’obliger les mariages homosexuels religieux. Que les valeurs défendues par ces croyants restent dans leur sphère. La république française en cette matière n’a pas de leçon à recevoir. De tous les pays européens, nous sommes les plus féconds. Notre problème de financement des retraites tient essentiellement aux nombre de cotisants. C’est-à-dire au chômage. Il est ré-solvable pour peu qu’une réelle volonté politique émerge. Combien de génération faudra-t-il à l’Allemagne pour rattraper son retard démographique? Nous avons l’espérance de vie la plus longue. Ce qui voudrait dire que malgré notre décadence, dû à une société qui encourage l’avortement, qui méprise l’avenir de ses enfants, nous parvenons à perpétuer « l’espèce » mieux que nos voisins?
Les sociétés s’adaptent. Certains américains n’entrevoyaient que le déclin de leur civilisation, et de leurs valeurs à l’arrivée de noirs dans leurs écoles. Ils finiront par en élire un à la présidence.
Je pourrais argumenter encore des pages entières, tant ces mouvements m’horripilent. Mais je pense qu’il faut rendre à César ce qui lui appartient. La Droite française trouve là un terrain fertile, pour rassembler ce qu’il reste après sa défaite à la dernière élection ainsi que le spectacle lamentable qu’elle a montré pour choisir son chef. Je pense raisonnablement que ces mouvements sont influencés en sous mains par les même qui prônait les valeurs du front national lors de la campagne de 2012. Un petit relent réactionnaire ne peut pas faire de mal. Il a si bien fonctionné par le passé.
Pourquoi j’avance cela ? Prenons les composantes des mouvements d’aujourd’hui. Le courant représenté par Mme Boutin: Les Chrétiens démocrate.

Je me demande d’ailleurs où se trouve la démocratie dans des mouvements qui érigent des lois et des principes religieux non négociables et indiscutables. Ce qui soit dit en passant est valable pour tous les mouvements politico-religieux quel qu’ils soient.
Le printemps français de Mme. Béatrice Bourges (ça ne s’invente pas) Candidate divers-droite aux élections législatives de 2002 et 2012. L’expression apparaît pour la première fois en début d’année sur des blogs de militants chrétiens. L’avocat Jacques Tremolet de Villers, ancien défenseur du milicien Paul Touvier, la reprend ensuite dans un entretien à Présent, le quotidien des catholiques traditionalistes, allant jusqu’à revendiquer une filiation avec les «printemps arabes»(http://www.liberation.fr/societe/2013/04/13/qui-se-cache-derriere-le-label-printemps-francais_895764)
Le gros des troupes du Printemps français est avant tout constitué de réseaux catholiques traditionalistes, à l’image de Renouveau français ou Civitas. Le Monde a récemment mis en avant le rôle du réseau Ichtus, un institut catholique traditionaliste, dont l’objectif est de pénétrer les sphères laïques pour y transmettre le message de l’Eglise. L’institut Civitas existe depuis 1999. Il est, avec ICHTUS, un des héritiers du mouvement de laïcs chrétiens La Cité catholique fondé par l’intellectuel vichyste Jean Ousset. Je ne m’attarderai pas sur celui de Mme Frigide Barjot, qui ne cesse de perdre une crédibilité si fragile. Si « frigide » devrais-je dire, tant elle se compromet. Un bon petit soldat Mme Barjot. Après tout elle ne fait que renvoyer l’ascenseur. Sans doute celui de l’appartement qu’elle occupe à deux pas des champs Elysées. 173 m² dans un immeuble de la ville de Paris que son époux occupe depuis 1984. Epoque ou la droite occupait la mairie de la capitale. Décidément, quelle époque, on a rien sans rien ma brave dame!!!
Je le dit et je le répète. Toutes mes craintes, tous mes doutes ne sont pas levés quant aux changements que pourrait induire, l’égalité des homosexuels face à l’union civile. Mais comme je l’écrivais, ces doutes tiennes davantage à une évolution que je conçois de bonne grâce mais que mon éducation m’empêche d’appréhender sereinement. Une chose est certaine pour moi. Je refuse avec la plus grande véhémence qu’un homme ou une femme politique m’inclue dans leurs grands « Les français sont contre le mariage pour tous ».
Quant à la PMA, aussi étrange que cela puisse paraitre, elle ne m’effraie nullement. Pour comprendre il faut remonter jusqu’en 1987. Une séparation, dans laquelle, j’ai sans l’ombre d’un doute une part de responsabilité, mais néanmoins aucune volonté, me plonge dans la monoparentalité. Deux garçons de 8 et deux ans et un chagrin font de moi en quelques semaines, un papa et une maman le jour et le meilleur client de Kleenex la nuit. Ce sera l’amitié pour moi, et (l’amour pour lui) d’un ami homosexuel, qui m’aidera à surmonter cette crise, mais plus que tout, à élever, éduquer et aimer mes enfants plus fort durant cette période. La gentillesse, le dévouement, l’attention qu’il leur a prodigué pendant des mois seront à même de m’ôter toute espèce de doute quant aux aptitudes de deux hommes ou de deux femmes à élever des enfants. Bien loin, de celles de certains couples hétéros, pour qui il serait nécessaire de les vérifier avant de leur permettre de procréer.
Ce dont il est question, est aussi et peut être avant tout une question d’égalité et de liberté. La conscience religieuse semble avoir oublié la fraternité. Le degré de maturité d’une société se mesure aussi à la façon qu’elle traite ses minorités. Alors ne serait-il pas normal de laisser le choix à chacun? Le paradis et l’enfer sont la conséquence d’un jugement « divin ». C’est donc que nous avons le choix  de fauter ou de mener une vie exemplaire? Le principal cadeau d’un Dieu serait-il : Le libre arbitre!

Moi j’ai fait le mien. Le mariage pour tous… mais plus pour moi.

Mais ça c’est une autre histoire