La retraite des blancs Juin25

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La retraite des blancs

la-désinformation« News is bad for you – and giving up reading it will make you happier », (The Guardian, 12 Avril 2013.) « L’abus d’information nuit gravement à la santé«  avertit le quotidien britannique. Aujourd’hui, nous avons atteint le même point dans notre relation à l’information, qu’il y a vingt ans que celle que nous avions avec la nourriture : nous sommes en train de comprendre à quel point elle peut être toxique. Nous pouvons avaler des quantités illimitées de flashs d’information. (…) Ça vaut pour le problème de la retraite comme beaucoup d’autres qui nous occupent actuellement

Le pertinent contre le nouveau : voilà la bataille fondamentale de la période actuelle. Les médias veulent nous faire croire que l’information nous offre une sorte d’avantage compétitif. Pourtant la réflexion sur le mouvement de fond qui agite la planète devrait nous alerter. Les médias rejoignent la fuite en avant des politiques. Et c’est loin d’être un hasard.  Permettez-moi de vous raconter une petite histoire:
« Il était une fois une entreprise. Elle avait plutôt bien réussi dans son domaine. A tel point qu’elle fût convoitée et racheter par un groupe financier. Vous le connaissez bien, on l’appelle « un fond de pension ». Pour la société en question la différence est relativement simple. Le patron qui connaissait presque chacun des employés fût remplacé par un cabinet qui manageait l’ensemble du groupe à 7000 KLM. L’humain était remplacé par des chiffres, l’avenir ne dépendait pus que de la rentabilité, et la satisfaction des actionnaires. Autrement dit toute revendication n’avait pas plus d’effet sur les dirigeants que la baisse de la TVA sur le menu des restaurateurs. »

Je me suis alors posé une simple question. La montée du chômage dans les pays industrialisés a-t-elle eu pour conséquence une pénurie des biens et des services?  Autrement dit, la productivité s’en est-elle ressentie  avec moins de personne pour produire? Je ne me souviens pas avoir dû faire des heures de queue, comme au grand jour de l’URSS des années 60 pour acheter ma demi-livre de beurre ou avoir trouvé le jean de mes rêves au marché noir.
Mieux! Malgré les 35 heures, notre pays est classé parmi les pays les plus productifs au monde. De plus, comme l’explique l’économiste français Bernard Friot dans son livre intitulé « L’enjeu des retraites », (Paris, éditions La Dispute), on perd de vue que notre société est de plus en plus riche. Le PIB (produit intérieur brut) double tous les 40 ans
Alors fort de ces réflexions, ne serait-il pas crédible de penser que le taux d’inactifs ou, inversement celui des actifs, n’est rien d’autre qu’un variable ajustable issue d’un système de « management » parfaitement contrôlé selon des critères définis?

 La polémique du moment en France est axée sur notre système de retraite. La solution se résumerait  à deux possibilités. Augmenter les temps de cotisation, ou celui de la durée du travail. Mais remettre 1 ou 2 millions de chômeurs dans le circuit, n’augmenterait-il pas le nombre de cotisants?
Comme pour appuyer mon propos sur la manipulation de l’information, voici qu’une notion assez nouvelle remet en cause l’évolution indéniablement positive des pays développés dans ce domaine. Il s’agit de la notion de durée de vie en bonne santé ou EVSI (Espérance de vie sans incapacité). Certes nous vivons plus longtemps.

Mais l’augmentation de l’espérance de vie, tel que matraqué, désigne une vie sans limitation des fonctions essentielles, sans perte d’aptitudes à se déplacer, se nourrir, se vêtir. Une absence de dépendance majeure en somme. Mais l’utilisation de l’EVSI donne des résultats surprenants. Le dossier consacré à ce sujet dans le magazine Science et Vie de juin 2013 se révèle particulièrement alarmant. Même pour la France, pays champion de l’espérance de vie. La part de la vie que l’on peut espérer passer en bonne santé affiche une forte baisse. Ainsi, elle est de 74% pour une femme qui naît aujourd’hui alors qu’elle était de 77% en 2004. Ainsi, elle pourrait passer 22 ans de sa vie avec des incapacités contre 15 ans et demi si elle était née en 2004. Plus la vie s’allonge, plus elle se passe en mauvaise santé…

Mon article n’as pas pour but d’entrer dans les détails. Pas qu’ils soient inintéressants, loin de là ou que je n’ai pas l’intention de les traiter. Je tenais simplement à montrer comme il est facile de distiller un message, en occultant certaine informations. Ce qui nous ramène à un de mes sujets favoris, la collusion entre le pouvoir et les médias d’information. Le mot collusion n’est d’ailleurs pas approprié, puisque les deux sont dépendants de la finance. Le premier n’a jamais su ou voulu s’en affranchir, quant au second il n’en est qu’un instrument.
Mais la société va bien plus vite qu’avant. Surtout dans sa compréhension des évènements et dans sa réactivité. Il n’y a qu’à voir les révolutions arabes, puis depuis peu, Brésiliennes, Portugaises…Si l’idée maîtresse qui guide les foules à se révolter, est l’aspiration à une vie meilleure, l’accélérateur de la contestation vient directement de la défiance grandissante envers les élus pour les uns, (et les dictateurs pour les autres), et également envers  ceux qui ont en main la diffusions des informations. Avec un phénomène nouveau, le rejet total des experts.
Plus le monde change et plus il est notable de voir d’un côté des peuples se soulever et devenir aux yeux de leurs dirigeants des « Terroristes ». Et de l’autre Une classe dirigeantes continuer à rogner davantage sur ce qu’elle redistribue déjà à contre cœur et s’accrocher désespérément à un modèle de plus en plus en déliquescence. Comme si l’histoire bégayait.

Et en matière d’information je vous en livre une qui devrait vous donner matière à réflexion :

Dans le cadre de la Journée mondiale de l’eau, l’Organisation des Nations unies (ONU) s’est inquiétée d’un surprenant paradoxe : à l’échelle mondiale, il est plus aisé d’avoir accès à un téléphone portable qu’à des toilettes. Sur les 7 milliards d’habitants que compte la planète, 6 milliards ont accès à un téléphone portable. Beaucoup moins nombreuses (seulement 4,5 milliards) sont les personnes qui peuvent utiliser des toilettes en état de marche.

Mais ça c’est une autre histoire.

* image « les bobards 2013 » http://www.polemia.com/ive-ceremonie-des-bobards-dor-19-mars-2013/