la méthode coué Jan25

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la méthode coué

L’Allemagne est un paradis. A force de le répéter, on arrive à s’en persuader. Ça s’appelle la méthode Coué. L’ambassade d’Allemagne à Paris a commandé un sondage à l’IFOP sur l’image de la RFA en France.Les Allemands sont perçus comme rigoureux,  respectant les règles dans l’espace public comme dans les relations humaines (sauf sur les autoroutes étrangères…), soucieux de la nature. Quatre Français sur cinq ont une bonne image de l’Allemagne. L’Allemagne va bien! Et les allemands?

Les réformes engagées en 2003 par le gouvernement Schröder, ainsi que les gains de compétitivité de l’économie allemande, sont régulièrement présentés par Berlin comme un modèle à suivre par les autres pays Encore la méthode coué. Le président français, Nicolas Sarkozy, a notamment vanté le modèle allemand ces dernières semaines.
L’Organisation internationale du travail (OIT) vient pourtant d’épingler la politique allemande de compétitivité par les salaires, y voyant «la cause structurelle» de la crise en zone euro.
Dans un contexte de chômage élevé, les réformes Schröder ont eu pour effet de réduire les revenus du bas de l’échelle, notamment dans les services où de nouveaux emplois, essentiellement à bas salaires, sont apparus. Mais, dans le même temps, peu de choses ont été faites pour améliorer la compétitivité par le biais d’une progression de la productivité».
La politique de déflation salariale n’a pas seulement amputé la consommation, elle a aussi conduit à un accroissement des inégalités de revenus, à une vitesse jamais vue, même durant le choc de l’après réunification.
Le salaire minimum n’existe pas outre-Rhin. Si certains accords de branche ont permis de bons salaires comme dans l’industrie automobile, Le nombre de travailleurs précaires et d’intérimaires a explosé.

L’Allemagne, c’est aussi, d’après l’OCDE, le pays développé où les inégalités et la pauvreté ont le plus progressé. 20% de travailleurs pauvres, des retraités obligés de retourner travailler pour compléter leurs maigres pensions.
La réalité des chiffres du chômage : Un système qui, par vases communicants, aurait progressivement fait passer plusieurs millions d’allemands des listes de chômeurs à ceux de quasi-chômeurs ou travailleurs pauvres. Une responsable de l’Arbeitsagentur d’Hambourg (Pôle-emploi allemand) ne cache pas sa colère :
« Qu’on arrête de parler de miracle économique. Aujourd’hui, le gouvernement répète que nous sommes aux alentours de 3 millions de chômeurs, ce qui serait effectivement historique. La réalité est toute autre, 6 millions de personnes touchent Hartz IV, ce sont tous des chômeurs ou des grands précaires. Le vrai chiffre n’est pas 3 millions de chômeurs mais 9 millions de précaires. »

Les Mini-Jobs : des contrats à temps partiel, payés 400 euros par mois, qui permettent aux employeurs d’être exonérés de charges mais prive ses bénéficiaires d’assurance maladie et travail. Ils n’ouvrent aucun droit à la retraite ou aux allocations chômage.

Ils tiennent le haut du pavé, avec une augmentation de 47,7%, simplement devancés par le boom de l’intérim (+134%) (…) Certaines entreprises ont voulu tirer profit du système, privilégiant, par exemple, deux ou trois mini-jobs, fiscalement neutres, à l’embauche d’un salarié en plein-temps.Des salaires de misère ne peuvent entrainer que des retraites de misère. Selon le ministère des affaires sociales, plus de 660 000 séniors de 65 à 74 ans auraient un emploi à temps partiel (…) cette catégorie de population est menacée de paupérisation. Ils n’étaient que 416 000 en 2000. Leur nombre a donc augmenté de plus de 58% en dix ans (soit 660 000) Selon les experts, la paupérisation des séniors ne va cesser d’augmenter durant les vingt prochaines années.
A noter au passage, que ces « ingrats » d’allemands, contrairement à Nicolas Sarkozy ou Jean-François Copé ne trouvent pas ce miracle à leur goût. Ils profitent d’ailleurs de chaque élection pour balayer les candidats du parti d’Angela Merckel ! On comprend mieux l’attrait que peut représenter une telle politique pour les chantres de la compétitivité à tout prix. Et après l’Allemagne quel sera l’autre pays à copier ? La Chine ? Après tout, un salaire moyen qui se situe entre 200 et 300€ ne peut que faire rêver le MEDEF.
Bien sûr, ils seront toujours nombreux à vouloir préserver les spécificités françaises, comme l’aide aux grandes entreprises. Cette aide est concentrée sur un petit nombre de secteurs et d’entreprises. Les grandes entreprises restent les principales bénéficiaires des aides: 73 entreprises ont reçu 71% du total des aides, soit plus que leur poids dans les effectifs des chercheurs (46%) ou dans le volume des travaux de R & D des entreprises (52%).
La culture d’entreprise en Allemagne, est telle que les grands groupes germains, ne pressent pas leurs sous-traitants comme des citrons à l’instar de notre pays. Ils reçoivent moins d’aides publics, et participent au développement en matière de recherche et d’exportation des PME.
Et si les charges patronales sont moins élevées, les allemands payent 4 fois plus d’impôts sur le revenu que les français.

Alors, toujours tenté par : « une approche économique et sociale de plus en plus similaire » ? Est-ce qu’on ne serait pas tombé encore assez bas, pour être tenté de regarder un peu vers le haut ?

Mais ça c’est une autre histoire