La guerre des chefs Mai24

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La guerre des chefs

Mea-culpa pour cette chronique annoncée. Je l’avoue bien humblement, sans hypocrisie et sans vergogne, voilà un billet qu’il me ravie d’écrire. J’entends d’ici mes détracteurs :  » On ne tire pas sur une ambulance !  » Mais alors c’est donc qu’il y aurait un blessé dans cette guerre des chefs?  Si l’exercice du pouvoir s’apprend, il est notable de constater que celui d’opposant aussi.  De deux choses l’une. Ou depuis quelques années nous nous trouvons face à la décadence des communicants, ou les hommes politiques ont décidés de s’en passer.  Alors plantons le décor.

Le 17 novembre 2002, le congrès fondateur de l’UMP (Union pour un mouvement populaire) crée un nouveau parti politique. L’UMP, d’abord appelé Union pour la majorité présidentielle.  Il succède au RPR, et a pour objectif de créer un parti unique de droite. Il comprend également Démocratie libérale et des anciens membres de l’UDF. Alain Juppé en sera le premier président jusqu’en 2004. Très vite Nicolas Sarkozy comprendra toute l’importance d’en être le chef. L’appareil est une machine à faire élire un président de la république. Mais il n’est pas l’unique homme politique de droite à l’avoir compris. Par contre il semblerait qu’il aura été le seul à le garder en ordre de bataille. Car maintenant qu’il est parti (sans jeu de mot) Les ambitions de chacun, les rancœurs, les oppositions, longtemps étouffées par la main de fer de l’ex-président, n’ont pas tardé à refaire surface. Tous les partis politiques, quels qu’ils soient, dans tous les pays et à toutes les époques ont connue cela.
Le pacte de non-agression scellé par les ténors de l’UMP au lendemain de la défaite de Nicolas Sarkozy appartient déjà au passé. Un peu plus de deux semaines après le revers du candidat de la majorité, les rivalités pour le contrôle du parti reprennent de plus belle. Comme je l’ai évoqué dans un post récent, La gageure pour l’actuel chef de ce parti, M. Jean-François Copé, est de conservé la tête du parti, de faire barrage aux Front national, et d’afficher l’union des courants et des membres de l’UMP. Mais derrière une union de façade qui se lézarde à coups de petites phrases assassines, lui et François Fillon se livrent à une véritable guerre des chefs. Avec Alain Juppé en embuscade, les jeunes loups qui rodent et les vieux caciques de l’autre côté, les « Guéant, Longuet, Hortefeux et consort qui ne rêve que de chemises brunes.
Ce n’est pas tant les divisions apparentes qui me dérangent. Elles ont été aussi nombreuses à gauche avant les primaires. Et elles ont également fait les dégâts qu’on a connu après la défaite de Lionel Jospin et  bien après celle de la présidentielle de 2007.  Mais je ne me souviens pas, et j’en appelle à mes contradicteurs, si ma mémoire semble sélective, que durant ces années sombres, la gauche en général, et le parti socialiste en particulier, est fait preuve d’un tel cynisme. Un manque de professionnalisme sans doute !
Je regardais hier soir, les informations télévisées. Dans la guerre de succession qui gronde à l’UMP, et derrière laquelle se profile l’enjeu du leadership du parti unique de droite, lors de son congrès à d’automne, François Fillon a dégainé le premier. Une posture à laquelle l’ex-premier ministre ne nous avait pas habitué.

Dans un entretien au Figaro, l’ancien locataire de Matignon et candidat aux législatives à Paris, a officiellement déclaré : « Depuis le départ de Nicolas Sarkozy, il n’y a plus de leader naturel à l’UMP » Le plus navrant dans tout ça, est bien la réaction unanimes (à défaut d’union chez les députés, sénateurs et autres ténors de la nouvelle opposition.)
Je résume le mot d’ordre du moment « Ne vous battez pas maintenant, montrons notre unité aux électeurs. Il sera toujours temps de le faire après les élections législatives ».
Alors, je pose une simple question. Après les parachutages douteux, la droite continuerait-elle à prendre ses partisans pour des moutons ? Mettons-nous un instant à la place de l’électeur lambda qui avait voté Nicolas Sarkozy en 2002, puis en 2007, par conviction et par choix murement réfléchit (si, si, il y en a !) Supposons que cet électeur (ou électrice… allons, allons, et la parité alors !) supposons dis-je qu’il vote dans la 3ème circonscription des Yvelines. Celle-là même ou M. Copé a décidé de priver les habitants de leur député-maire, réélu depuis plus de 20 ans. Quel choix leur propose leur bien-aimée droite ? Quel tableau leur dépeint-on pour l’avenir :
« Votez pour nous en juin, car pour vous et exclusivement pour les législatives, nous allons taire nos dissensions… » Au moins  jusqu’à la fin du mois. Et après dans le meilleurs des cas se sera la foire d’empoigne, donc pour ce qui est de vos problèmes, vous aurez la gentillesse d’attendre jusqu’en 2017 que nous ayons réglé nos différents ! Ou dans le pire des scénarios, que le député que vous aurez élu, rallie un courant qui ne vous convient pas (mais qui lui assure telle ou telle alliance) car l’UMP n’existera  plus dans les mois à venir. » Choix cornélien, la corde ou la sigue; Charybde ou Scylla.

Il a été reproché à l’actuel président, de ne pas exposer clairement ses idées, son programme. Et je veux bien volontiers, admettre qu’une part importante de ceux qui l’on élu, l’ont fait davantage par refus d’un nouveau mandat au sortant. Mais quid, des idées, des différences entre M. Copé et Fillon ? Que propose un UMP uni face à une majorité (potentielle) de gauche, à part une opposition de principe ? Et quelle représentation aura-t-elle dans une droite divisée ? Repoussée sur son flanc gauche sur des terres rose et attaqué par la Marine sur son flanc droit.

Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas senti content de ne pas partager les idées de cette droite.

Mais ça c’est une autre histoire…