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Je suis à nouveau Charlie

Je suis Charlie, Je suis à nouveau Charlie

Je suis Charlie, Je suis à nouveau Charlie

Suite au lâche assassinat de l’équipe de Charlie-hebdo, l’émotion, le dégoût, la tristesse qui nous assaillent , ne doivent pas nous faire oublier certaines réalités. Et je ne parle pas de celles dont on nous parle à longueur de journée. La crise, le chômage, la précarité…Ce n’est pas qu’elles ne soient pas importantes, loin de là. Elles sont même à la fois la cause et l’expression d’autres maux. Je veux parler de celles qu’on nous cache, voire pire, de celles dont on ne veut surtout pas entendre parler.

Celles que notre indifférence quotidienne, nous fait occulter. Nous sommes tellement habitués à certaines valeurs, que nous oublions même le prix qu’il a fallu payer pour les conquérir, ou même les efforts pour les conserver.

Aujourd’hui, comme d’innombrable révoltés, bouleversés, indignés, je crie « Je suis Charlie ». C’est oublier un peu vite, pour ma part, que je ne lisais plus Charlie-Hebdo depuis des années. Que je ne savais rien de leurs difficultés. Pire, que je ne faisait plus attention aux difficultés de la presse papier en général.

Pourtant, Cabu, Wolinsky, Charb et les autres, défendaient tous les mêmes valeurs que les miennes. Et avec un infini talent que je suis loin de posséder. Et je ne parle pas de leurs dessins qui n’étaient somme toute, que leur moyen d’expression. Je veux évoquer ce sens inné de toucher là où ça fait mal. Ce don de trouver dans l’actualité, la bonne cible. Ça s’appelle le journalisme. Enfin Je veux bien sûr parler du véritable métier de journaliste. J’ai déjà évoqué ce qu’il en est. Ce n’est ni l’instant ni le propos de ce post.

J’ai fermé les yeux sur ce pourquoi 12 personnes sont mortes le 7 janvier 2015,

alors qu’on s’en prenait à notre liberté. Et plus encore dans son aspect le plus noble. La liberté d’expression.Tellement habitué, tellement assuré qu’elle m’était acquise.

Aussi, si je n’ai plus été Charlie, Je veux l’être à nouveau. Pour que les valeurs que qu’ils représentaient, qu’ils défendaient, perdurent. 

Pour que mes enfants et mes petits enfants aient envie à leur tour de les faire vivre plus tôt que survivre, et ce, qu’elle que soient leurs convictions. Un peu aussi pour que l’équipe de Charlie-Hebdo ne soit pas morte pour rien.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas. Je veux ici remercier tous ceux qui me permettront d’être un imbécile repenti.

Une dernière pensée pour les otages de Vincennes et de Dammartin. Pour les morts et pour les vivants. J’espère que vous n’entendrez plus jamais ces quelques usagers dire qu’ils ont été pris en « otage » lors d’une grève des transports. Car si cette semaine certains sont morts pour avoir défendu la liberté d’expression. D’autres continuent à se battre pour une autre forme de liberté. Celle de vivre décemment de leur travail. Et la plupart du temps, ils ne le font pas que pour eux.

Mais ça c’est une autre histoire