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Françaises, Français, Mea Culpa

François Fillon nous a adressé son « Mea Culpa ». Il aurait surement préféré que sa femme Penelope Fillon ne soit pas mêlée à sa campagne présidentielle. Surtout pour une affaire d’emploi fictif présumé. En effet, c’est une mauvaise carte de visite pour le champion de l’intégrité. Mais s’excuser pour avoir largement profiter d’un système qu’on a contribuer sinon à mettre en place, du moins à maintenir suffit.il? Hurler au loup et à l’acharnement exonère-t-il de toute responsabilité?

Quand je faisais mes études d’acheteur, un prof nous fit cette réponse concernant les cadeaux incitatifs, (terme poli pour corruption…). Pour lui si “ un acheteur acceptait quoique ce soit d’un fournisseur, la faute en incombait à l’employeur qui ne le rémunérait pas correctement pour le mettre à l’abri de la tentation. Partant de ce postulat intéressons-nous au traitement de certains de nos élus

Ils gagnent:

Les parlementaires – députés ou sénateurs – perçoivent une indemnité principale de 7 100 euros bruts par mois (5 149 euros nets) pour compenser la perte de leur revenu professionnel… bien qu’ils aient la possibilité de continuer à exercer, en particulier les professions libérales (avocats, médecins). En plus de cela, ils reçoivent deux indemnités forfaitaires et conséquentes pour couvrir leurs frais liés à leurs déplacements vers leur circonscription électorale, aux vêtements, aux restaurants, à un local dans leur circonscription et à la rémunération de leurs collaborateurs (secrétaire, attaché parlementaire).

Biensûr puisque ce sont des mandats et non des CDI (si, si je vous assure.) l’argument souvent avan  cé est celui de la précarité. Mais face au risque de perte d’emploi, tous ne sont pas logés  à la même enseigne. Les fonctionnaires sont assurés de retrouver leur emploi une fois leur mandat terminé. Les avocats, médecins et autres professions libérales peuvent continuer d’exercer ou sous-traiter leur activité. En outre, depuis 2009, les députés nommés ministres peuvent retrouver leur siège s’ils ne sont pas maintenus au gouvernement.

De plus s’ils ne sont pas réélus ou maintenus, les députés bénéficient d’un régime d’indemnités de chômage bien meilleures qu’au Pôle emploi, et les ministres continuent de percevoir leur rémunération pendant six mois. Les élus locaux non reconduits reçoivent une indemnité de fin de mandat qui leur permet de conserver au plus 80 % de leur indemnité pendant un an.

Ils cumulent:

Il n’est donc pas étonnant que les hommes politiques cumulent les mandats pour se prémunir du risque de perte de revenus (entre autre…). Toutefois, le cumul d’indemnités électives est plafonné à 8 272 euros brut par mois depuis le 1er juillet 2010, Évidemment, le système a ses failles. Le plafond n’intègre pas les indemnités pour frais, ni les indemnités spécifiques aux ministres, ni les indemnités des élus des établissements de coopération intercommunale (syndicats mixtes, communautés d’agglomération, etc.).

L’ONG Transparency International a lancé un outil à destination des citoyens pour leur permettre de détecter d’éventuels conflits d’intérêts chez les élus français, en recensant leurs revenus et activités en dehors de leurs fonctions parlementaires.

Voici le portrait-robot du parlementaire français type, selon les statistiques de Transparency International  « 68 ans, retraité, un conjoint lui-même retraité ou sans activité, deux activités annexes lui rapportant 21 000 euros en plus de son indemnité parlementaire. »

Selon les chiffres de l’ONG, les activités annexes des 925 parlementaires représentent un total de 19,8 millions d’euros annuels. 79 parlementaires perçoivent plus de 50 000 euros par an de revenus annexes, dont 18 qui perçoivent plus de 100 000 euros, tandis que 74 parlementaires déclarent plus de 5 activités annexes, 24 députés et sénateurs en déclarant plus de 10 et sept plus de 20.
Au contraire, sur les 925 députés et sénateurs, 307 n’exercent aucune activité en parallèle de leur mandat.

Un brut pas très net

M.Fillon a évoqué pour sa défense que l’ensemble des sommes avancées par les médias représentaient des salaires bruts et non pas nets. Doit-on lui rappeler que les cotisations salariales qu’ils semble ne pas vouloir inclure dans ces rémunérations ont permis la couverture sociale de son employée, sa future retraite, ses indemnités chômage, sa formation si besoin…et que par conséquent, ce sont bien des sommes qu’elle a perçues fussent elle indirectes.

Et puisqu’il faut être précis un petit rappel sur une loi de 1995. Celle-ci interdit aux parlementaires d’exercer une fonction de conseil… sauf si cette activité a débuté « avant le début de son mandat ». François Fillon a créé son entreprise le 1er juin 2012, soit 3 semaines avant sa prise de fonction comme député de Paris, le 20 juin 2012. La société «2F Conseil » c’est plus de 700 000 euros en quatre ans dans la poche du député, et une totale opacité sur les clients.
Mais il n’est pas le seul à s’être intéressé au conseil. M.Luc Chatel, président du conseil national du parti Les Républicains, a lui aussi commencé une activité de « conseil en stratégie et accompagnement » en mai 2012, (très) peu de temps avant sa prise de fonction comme député de la Haute-Marne. Ses activités se révèlent tout aussi lucratives que celles de Fillon puisqu’il a ainsi touché 183 135 euros rien que pour l’année 2013.

Alors peut-on en tirer la conclusion qu’une partie de nos représentant, sont trop payés ?. Les ors de la république seraient elles trop attirantes.

Il serait également logique d’évoquer l’attrait de certaines grandes entreprises pour un ex représentant du peuple…. Que ce soit pour un poste ou pour siéger à son conseil d’administration.

Alors puisqu’il est tout à fait souhaitable que M. François Fillon et son épouse bénéficient de la présomption d’innocence en matière d’emploi fictif, L’ex premier ministre et bon nombre de parlementaires, de sénateurs, de présidents de conseils généraux et j’en passe pourront présenter toutes les excuses qu’ils veulent, la morale n’en sera pas sauve pour autant.

A l’instar des roumains qui se soulèvent en masse aujourd’hui contre la corruption, nous devrions nous même réfléchir à nos institutions. A l’heure où le mot révolution n’a jamais été autant employé, Il est bon de rappeler ce que celle de 1789 voulait abolir « Les privilèges« .

Mais ça c’est une autre histoire….

source :  http://www.inegalites.fr/spip.php?page=article&id_article=1109

Source : http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/02/02/les-juteuses-activites-de-conseil-des-parlementaires-fillon-et-les-autres_1545815