BREXIT or not BREXIT

chef de file des partisans du Brexit

Boris Johnson pour le Brexit

Goodbye England

Voilà c’est fait, Le Brexit a tenu toutes ses promesses. L’Angleterre va quitter l’Union Européenne.  

Il y a plusieurs mois, un nouveau parti, plein de promesse, Syrisa, était porté au pouvoir par les grecs. Certes, il a bien déçu. mais les raisons  méritent à elles seules un article à part entière. Quoi qu’il en soit, après des mouvements, comme les Indignés, il était annonciateur d’un réveil. Puis ce fut le tour de l’Espagne avec Podemos. Un parti qui n’a pas à craindre pour le moment, une coalition telle que celle du FMI, de l’Allemagne et de Bruxelles réunit. Et qui plus est, qui pourrait, dans un avenir très proche, devenir la seconde force politique du Parlement espagnol.

Cette semaine, deux candidates anti-systèmes, et deux femmes ce qui ne gâche rien, ont emporté deux des principales villes italiennes. S’imposant, devant le parti du 1er ministre. Parti qui n’a de gauche que le nom et de centre que le nombril qu’il se regarde depuis des années. Issu des mêmes rangs que celui de Mme Merkel ou M. Hollande. Des sociaux-démocrates aux relents de néo-libéraux.

En France, même, s’il n’a pas soulevé autant d’enthousiasme que les exemples précédents, un mouvement comme « nuit debout » a au moins le mérite d’exister et de durer.

Mais à mon sens, un des séismes les plus annonciateurs de bouleversements, est bien le Brexit anglais. Ce référendum a débouché sur une sortie de la Grande-Bretagne de l’Europe.
Bien-sur que la question était mal posée, et cachait des objectifs bien moins avouables qu’un souhait aussi simple que de rester au sein de l’UE, ou d’en sortir. Pour beaucoup de Britanniques, une sortie de l’union européenne s’apparente davantage,  à un nationalisme exacerbé, pour les uns ou à plus de libéralisme pour les autres. Mais n’en est-il pas de même pour bon nombre de pays de l’Union.

Quel référendum?

Pourtant, la question était évidente, au regard des différents mouvements que j’évoquais. Prenez le déni de démocratie opposé aux Français après le référendum sur le traité établissant une constitution Européenne. Un « NON » qui recueillit 54,68 % des suffrages exprimés. Un résultat négatif, joint à celui des Pays-Bas trois jours plus tard. Mais que Sarkozy s’est empressé de nous imposer grâce à une majorité, dont bon nombre de députés n’ont pas hésité à trahir leurs électeurs.  

À ce sujet j’ouvre une parenthèse. Je tiens à dire sur notre actuel président, qu’il a manqué un rendez-vous avec l’histoire. Certes, il n’en est pas à une erreur près. Mais avoir fait campagne sur une renégociation nécessaire des traités de l’UE et conforter jusque dans la politique intérieure, le néo libéralisme qui dirige cette Europe depuis des décennies. C’était plus qu’une erreur.

Je n’ai jamais soutenu la politique de M. Chirac, je n’en reconnais pas moins la grandeur du chef d’État, qui aura su montrer une réelle détermination, louable en deux occasions. La première lorsqu’il refusera de suivre les États-Unis dans la guerre du golfe. Et la seconde lorsqu’il demandera au peuple français de se prononcer sur le traité de Maastricht.

La seule question, donc, qu’il aurait fallu poser aux Anglais, L’unique interrogation qui vaille la peine de recueillir l’avis des Européens. aurait dû être « Voulez-vous continuer avec cette Europe ? Car le « NON » à Maastricht ne fut pas un refus à L’Europe en tant qu’idéal, mais bien un refus à une celle qui d’aujourd’hui. Un ensemble de pays régit uniquement par la finance, le néo-libéralisme, et les lobbies.

Car il ne faut pas être dupe et s’endormir. Ceux qui nous ont menés à ce résultat ne vont pas s’avouer vaincus. Ils nous préparent des accords secrets, des traités commerciaux, des « petits arrangements entre amis »  susceptibles de préserver leurs marges de manœuvre et ne surtout pas mettre en danger, ces acquis si facilement gagner face à notre naïveté. 

Car ils n’ont pas besoin de défiler pour les défendre. Nous leur en donnons simplement la possibilité par notre passivité. Alors que nous en sommes réduits à manifester en boucle de la Bastille à la Bastille, leurs combattants œuvrent depuis longtemps dans les arcanes du pouvoir, de Bruxelles à Strasbourg. De Goldman-Sachs à tous les palais nationaux.

Je voudrais vous soumettre un extrait d’un article, écrit par Danièle Fonck, la rédactrice en chef de Tageblatt. :

« … Pourquoi, aujourd’hui, n’importe quel référendum – que l’on évite d’ailleurs habilement d’organiser – sur la construction européenne, serait refusé par des citoyens désabusés?

C’est que, petit à petit, les citoyens européens ont été dépossédés du rêve européen. Ce ne sont pas eux qui ont voulu s’en débarrasser, on le leur a volé. Et aujourd’hui, ils se repentent de s’être laissé avoir. Parce que, dans ce rêve, ils se voyaient vivre en liberté et prospérité, en sécurité et en paix. Mais voilà qu’on les force à se serrer la ceinture, alors que l’argent coule en masse vers les grands financiers qui font la loi.
Voilà qu’il y a, d’un côté, précarité, chômage, perte de pouvoir d’achat, paupérisation, peur de l’avenir, et de l’autre, un capitalisme de plus en plus sauvage et gourmand qui démantèle et saccage les acquis sociaux et les richesses nationales pour continuer de s’engraisser. Avec, dans tout cela, des agences de cotation toutes-puissantes, distribuant au gré des fluctuations en bourse leurs bonnes et leurs mauvaises notes, livrant des États entiers et leurs citoyens à la spéculation et à la crainte de la faillite… » 

Je vous invite à lire la suite de l’article du 17 décembre 2010, bien plus édifiant encore que ma chronique. http://www.tageblatt.lu/meinung/story/Non-pas-cette-Europe-la-29757835

Et maintenant!

Alors si je n’adhère pas aux raisons qui ont poussé la Grande-Bretagne à n’avoir qu’un pied dans l’union européenne, je leur reconnais du bon sens. Et malgré la tristesse que m’inspire le meurtre de la députée britannique, Jo Cox, et le respect que j’avais pour ses combats, je suis persuadé que le OUI au Brexit, donnera au mieux, un coup de semonce salutaire à nos dirigeants. Au moins un énième rappel aux citoyens que nous sommes, d’arrêter d’offrir aveuglément le pouvoir à des femmes et des hommes qui ne servent que les intérêts d’une classe.
Classe pour qui le bonheur des peuples a autant d’importances que l’avenir de la planète. 

À l’heure où notre Premier ministre s’apprête à rayer d’un trait d’autoritarisme qu’il affectionne, toutes les valeurs de ceux qui ont remis leur destin entre les mains de son parti. Au moment où notre président va retirer une nouvelle pierre à l’édifice France, en détruisant un peu plus les acquis, hérités du conseil national de la résistance et des luttes qui s’en suivirent comme il le fait depuis le début de son mandat, et comme se sont acharnés à le faire ses prédécesseurs.

Nos, élites et leurs communicants, les médias, les journalistes, vont nous rebattre les oreilles avec leurs messages écrient d’avance. Voter non à cette Europe, c’est être anti-Européens. C’est épouser les extrêmes, de droite comme de gauche. C’est forcement faire un pari contre l’économie de marché. Car le seul sujet dont nous allons entendre parler à longueur de journaux, d’information, de « micros-trottoirs », c’est l’économie, la récession qui nous guette. Les marchés boursiers qui vont être fébriles, attentistes, en replis…que sais-je encore. Car c’est bien entendus. la seule chose qui nous préoccupent, tous autant que nous sommes. Ce n’est ni notre santé, ni nos cultures, ni notre art de vivre, encore moins notre vie sociales, les rapports entre citoyens. Nos aspirations ne peuvent pas être ailleurs que dans la compétitivité, la bataille économique. Et pour ne prendre que nos dirigeants nationaux, ils ont oublié, oblitéré, jeté aux oubliettes les fondements même de notre république :  » LIBERTÉ – ÉGALITÉ – FRATERNITÉ  »

Alors que tant de peuples se tournent vers d’autres alternatives. Je rêve à la fin de cette Europe libérale, et à la naissance de l’union des peuples d’Europe.

Mais ça c’est une autre histoire….