AUX ARMES CITOYENS. Août19

Tags

Related Posts

Share This

AUX ARMES CITOYENS.

e medef aime l'idee des mini-jobsL’Allemagne, sa compétitivité, sa flexibilité, sa capacité à réformer son marché du travail… L’économie allemande va mieux…, et les chômeurs en paient le prix fort.  Alors! Aux armes citoyens? Un nombre record de sanctions a été infligé aux demandeurs d’emploi en 2012 : plus d’un million, soit une augmentation de près de 11% en un an. Depuis la réforme du marché du travail et du modèle social par Schröder en 2003, l’Etat allemand compte ses sous. Il peut même contraindre certains chômeurs à travailler pour 1 euro de l’heure, dans des domaines d’intérêt public tels que la voirie, afin de ne pas perdre les allocations. Ce sont les redoutés « 1-Euro-Jobs ».

Une statistique particulièrement intéressante permet de mieux appréhender l’état du marché du travail outre-Rhin : plus de 7 millions d’Allemands occupent ce qu’on appelle un « Mini-Job « (qui rapporte tout au plus 400 euros par mois) et un tiers d’entre eux le cumule avec un temps plein afin de s’en sortir. Ces minijobs existent depuis longtemps, mais étaient limités à une activité de 15 heures de travail par semaine maximum, rémunérée 325 euros par mois. La première loi a levé la limite horaire et augmenté le plafond salarial à 400 euros (passé à 450 euros cette année).
Dans plusieurs secteurs comme la restauration, les « mini-jobs » ont pris la place de vrais emplois soumis aux charges sociales. L’agence allemande pour l’emploi (BA) met en évidence des indices évidents selon lesquels les mini-jobs ont pris la place d’emplois soumis aux charges sociales ».
Le terme « Hartz-IV » résume à lui tout seul,  cette structure libérale – pensée sous Schröder dans le cadre de son « Agenda 2010 »  Il désigne l’allocation que reçoivent les chômeurs de longue durée, et tire son nom de l’un des penseurs de la réforme, Peter Hartz. Ce mot est entré dans le langage courant, à tel point qu’il est devenu un verbe : « hartzen ». Un verbe qui désigne le fait de vivre modestement de petits boulots ou d’allocations.
« Les Français doivent savoir que Hartz-IV équivaut à un génocide« , avertit Ralph Boes. « Mais je suis sûr que ce système ne marcherait pas chez vous, ou alors les Français feraient la révolution ! »  Mmmm!!! Pas si sûr

Mais cette « doctrine » prônée par les tenants du libéralisme, mise en avant par les FMI, fait des émules. La BCE y va de son couplet. Les suggestions qu’elle a faites en ce sens, reprises il y a quelques semaines par le patronat espagnol, ont provoqué une levée de boucliers dans un pays où le salaire minimum est de 641,40 euros et où l’emploi précaire est déjà très répandu. Pour les syndicats espagnols, les mini-jobs sont déjà de facto une réalité dans le pays. Pour le secrétaire général de Commissions ouvrières (CCOO), Les CDD à temps partiels tels qu’ils existent en Espagne offrent en effet plus de garanties aux employés que les « mini-jobs » allemands. Ils permettent notamment de bénéficier des conventions collectives et d’une protection sociale proportionnelle au nombre d’heures travaillées.
Même Buckingham Palace s’y est mis ! Cet été les 350 employés saisonniers embauchés pour accueillir les touristes au palais royal, bénéficient de contrat de travail «zéro heure». Il y aurait un million de contrats de ce type en Grande-Bretagne. L’employeur ne garantit aucune durée hebdomadaire de travail. Souplesse absolue pour l’employeur et précarité maximale pour l’employé, incapable de fixer un budget ou de rembourser un crédit. Voilà comment on peut résumer la philosophie du contrat zéro heure. Qui plus est, l’offre d’activité ne précède parfois que de quelques heures la prise de service. Bien évidemment les arrêts maladie ne sont pas payés, ni bien sûr les congés.
Ces dernières années, le nombre de ces contrats a explosé en Grande-Bretagne. Cineworld, le second réseau de salles de cinéma du pays, utilise exclusivement ce genre de contrat dans les 80 multiplexes qu’il possède. Les trois-quarts de ses 4500 salariés seraient sous ce régime. Une chaine de magasins d’articles de sport, Sports Direct, en fait de même.

Retour au temps de Dickens

Dave Prentis, le secrétaire général du syndicat Unison, réclame la suppression de cette loi. Il considère qu’elle « ramène le pays dans ses jours les plus sombres, quand les gens attendaient devant l’usine d’être choisi pour une journée de travail. » David Cameron se vante d’avoir contenu le taux de chômage en Grande-Bretagne. Mais cela s’est fait grâce au recours massif à des contrats de travail précaires : 3 % de la population active serait embauchée sous ce type de contrat. Pas de durée minimum de travail garantie, pas le droit de travailler pour un autre employeur, (histoire d’être toujours disponibles). A la base du concept du contrat zéro-heure, une liberté quasi-totale : l’employeur n’est pas obligé d’offrir un travail régulier à son employé, l’employé n’est pas obligé d’accepter les heures que son employeur lui propose. Sauf que le contrat zéro-heure concerne aujourd’hui plus d’un million de Britanniques.
D’après le site du Guardian, un contrat type zéro-heure stipule à l’adresse de l’employé que :  » L’entreprise n’a pas le devoir de vous proposer du travail. Vos heures de travail ne sont pas prédéterminées et vous seront notifiées sur une base hebdomadaire dès que le responsable du magasin sera en mesure de vous les fournir. L’entreprise a le droit de vous demander de travailler pour des heures variées, et prolongées.  » Et si en contrepartie, l’employé peut refuser les heures qu’on lui propose, il s’expose à des représailles. L’employeur qui a besoin que son employé soit à son poste tel jour pendant tant d’heures, sera tenté, après un refus, de ne plus lui proposer de travail pendant une période donnée. Comme l’écrit le service économie du Guardian sur son blog,  » dommage que Karl Marx ne soit plus là pour voir ça « . Vous trouverez sans doute ma façon de présenter les choses comme extrémiste, voir révolutionnaire? Alors,  Juste pour rappeler d’où nous venons:

Le 27 mai 1943, le Conseil national de la résistance(CNR), dont le premier président fût Jean Moulin, délégué du général de Gaulle, tenait sa première réunion. Le programme politique adopté par le CNR fût mis en place après la guerre: création de la Sécurité sociale pour tous, nationalisation des entreprises stratégiques, organisation politique de la société, etc.
Globalement, ce programme a constitué l’architecture politique, économique et sociale de la France jusqu’aux années 1980. Ce programme est considéré comme la véritable pierre angulaire du système français. Pendant des années, il a été considéré comme le ciment du pays.Pour information, voici quelques-unes des applications de ce programme. Certains en éprouveront  de la  nostalgie. D’autres imaginent sans doute que ça a toujours existé, Et un certain nombre,  que ça ait pu exister:
Loi sur des quarante heures, nationalisation de l’électricité et du gaz, nationalisation  des banques, nationalisation des grandes compagnies d’assurances, extension du nombre et des attributions des comités d’entreprises, généralisation de la Sécurité sociale, loi sur le statut de la fonction publique. Globalement, cette architecture politique, économique et sociale de la France, décidée au lendemain de la dernière guerre mondiale, est restée quasi intacte jusqu’au milieu des années 1980 (il y a tout de même eu une profonde modification de l’organisation de la Sécurité sociale en 1967 avec la création des trois caisses autonomes : maladie, vieillesse et famille).
C’est lors de la première cohabitation politique en 1986, alors qu’un vent libéral souffle sur l’économie mondiale, qu’un important mouvement de privatisation a été lancé par le ministre RPR des Finances, Édouard Balladur. L’État français s’est alors progressivement séparé de toutes les banques et de toutes les compagnies d’assurance publiques. En 2013, il ne reste guère que la toute récente Banque publique d’investissement (BPI) dans le giron public. Malgré le fameux « ni ni » (ni privatisation ni nationalisation), prôné en 1988 par François Mitterrand au début de son second mandat, les privatisations n’ont plus cessé de s’étendre, y compris sous le gouvernement de Lionel Jospin. Ainsi, à titre d’exemple, l’Etat ne détient plus directement que 15% dans Renault et 36,7% dans GDF-Suez. Pour EDF, il reste encore présent à hauteur de 84,5%. Ce qui fait que nous payons les augmentations deux fois. En tant que client et en tant que contribuables. Cherchez l’erreur.
C’est ce que dénonçait Susan George sur France-Inter. La volonté du Patronat Français de revenir sur certains acquis. Notamment sur ceux issue du conseil national de la résistance. J’avoue que sur le coup, cette révélation m’avait laissé perplexe. J’ai donc cherché à en savoir davantage. Les deux paragraphes suivant vous éclaireront davantage.
L’une des charges les plus virulentes contre ces avancées, est venue de Denis Kessler, patron du groupe de réassurance Scor, ancien vice-président du Medef et ancien président de la Fédération française des sociétés d’assurance. Dans un éditorial dénommé « Adieu, 1945, raccrochons notre pays au monde », publié dans l’hebdomadaire Challenges du 4 octobre 2007, soit quelque mois après l’arrivée à l’Elysée de Nicolas Sarkozy, Denis Kessler applaudissait les réformes engagées par le nouveau président dans les termes suivants : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer.
Quant à la personne qui avançait cela sur les ondes d’une radio nationale (désignée comme radio de Bolchévique par la dirigeante du FN !) Voici son Curriculum vitae :
Susan George. Présidente d’honneur d’ATTAC, est l’auteure d’une quinzaine de livres, traduits dans une vingtaine de langues, sur la dette, le FMI et la mondialisation libérale. Dont le fameux  » Un autre monde est possible si… « , Chez Fayard. Politologue et citoyenne. Diplômée du Smith Collège dans le Massachusetts. De la Sorbonne et de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. En littérature française, philosophie et en sciences politiques. A 72 ans, c’est surtout une essayiste, affûtée et révoltée. Depuis sa naissance dans une famille américaine bien élevée jusqu’ à son amour, pour la vie en France et le modèle français depuis quarante ans. (http://www.tni.org/users/susan-george).

 Le parallèle entre une Allemagne de plus en plus dirigiste envers l’Europe, et l’évocation du conseil national de la résistance  Française serait facile à faire. Ce n’est pas moi d’ailleurs qui le fait, mais les circonstances.

Mais ça c’est une autre histoire.

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20130418.OBS6269/l-economie-allemande-respire-les-chomeurs-etouffent.html
http://lexpansion.lexpress.fr/economie/les-minijobs-penalisent-les-vraies-embauches-en-allemagne_364394.html
http://geopolis.francetvinfo.fr/grande-bretagne-un-contrat-de-travail-a-zero-heures-ca-vous-dit-20537
http://www.lesinrocks.com/2013/08/08/actualite/les-contrats-a-zero-heure-precarite-niveau-48784-11415884/